Transformer le dioxyde de carbone, sous-produit de la production d’éthanol, en carburant aviation durable (SAF) permet de réduire l’intensité carbone de plus de 80 % par rapport aux carburants fossiles. Publiée dans la revue SAE International Sustainable Transportation, Energy, Environment & Policy, cette étude montre que le CO₂ très pur (concentration > 85 %) libéré lors de la fermentation du maïs peut être converti en matière première pour carburant aviation, réalisant ainsi un cycle du carbone plutôt qu’une émission perdue.

Trois voies de production de SAF ont été comparées :
- La voie classique « alcool → carburant » atteint un rendement de 90 % mais ne réduit l’intensité carbone que de 4,5 à 20 %.
- La voie fermentation gazeuse (syngas CO + H₂ → éthanol puis alcool → carburant) permet une réduction estimée à 84 %.
- La voie Fischer-Tropsch (synthèse directe d’hydrocarbures liquides) offre un potentiel de réduction jusqu’à 90 %.
L’analyse du cycle de vie montre que les deux dernières voies sont nettement plus performantes. Le Pr Volker Sick (Université du Michigan) note : « La voie fermentation gazeuse est la plus compatible avec les installations bioé, avec les coûts de transition les plus bas. »
En 2023, la production américaine d’éthanol a généré 48 millions de tonnes de CO₂, constituant une base solide pour une production à grande échelle de SAF. L’équipe évalue actuellement la viabilité économique des voies fermentation gazeuse et Fischer-Tropsch afin de déterminer le meilleur scénario de déploiement. McCord souligne : « Dans un contexte où l’électrification du transport aérien long-courrier reste limitée, les carburants hydrocarburés restent incontournables ; convertir le CO₂ offre une solution réaliste pour sortir des énergies fossiles. »












