Des chercheurs de l'Institut indien des sciences ont découvert que les bactéries utilisées pour solidifier le sol martien en briques, bien que leur croissance soit ralentie en présence de perchlorates – des substances chimiques toxiques répandues dans l'environnement martien – favorisent la formation de briques plus résistantes. Cette découverte sert de référence pour la planification des futures techniques de construction extraterrestre. Image microscopique de la bactérie Bacillus pasteurii.
Les perchlorates chlorés sont rampants dans le sol martien et constituent une menace toxique pour les micro-organismes terrestres. L'équipe de recherche indienne a observé in vitro la réaction d'une souche de Bacillus pasteurii isolée localement dans un environnement contenant des perchlorates. Aloke Kumar, professeur associé au département de génie mécanique et auteur correspondant de l'étude, souligne : « Mars est un environnement totalement différent. Quels effets ce nouvel environnement extraterrestre peut-il avoir sur la biologie terrestre ? C'est une question scientifique extrêmement importante à laquelle nous devons répondre. »
Les expériences ont montré que les perchlorates inhibent la croissance bactérienne et modifient sa morphologie, mais stimulent simultanément la sécrétion d'une plus grande quantité de protéines de la matrice extracellulaire. Swati Dubey, doctorante à l'Université de Floride et première auteure de l'article, explique : « Si l'on étudie séparément l'effet des perchlorates sur les bactéries, il s'agit d'un facteur de stress. Mais dans le cadre de la fabrication des briques, si le mélange contient les bons composants, les perchlorates peuvent en fait jouer un rôle bénéfique. » Cette matrice extracellulaire forme des micro-ponts supplémentaires entre les particules de sol, renforçant la cohésion globale du matériau.
Cette étude propose une voie potentielle pour la construction mobilisant les ressources in situ sur Mars. Shubanshu Shukla, astronaute de l'Organisation indienne de recherche spatiale et coauteur de l'article, déclare : « Notre principe est d'utiliser au maximum les ressources locales. Nous n'avons pas besoin de transporter quoi que ce soit depuis la Terre ; mettre ces ressources à profit sur place pour construire des installations nous facilitera grandement la navigation et la réalisation de missions durables sur une certaine période. » L'équipe de recherche prévoit désormais de poursuivre les tests sur les capacités applicatives de cette bactérie dans le domaine de la construction, dans des conditions atmosphériques simulant celles de Mars.
Détails de la publication : Auteurs : Swati Dubey et al. ; Titre : Effet des perchlorates sur les bactéries à capacité de biocimentation et les briques martiennes ; Publié dans : PLOS One (2026) ; Informations sur la revue : PLoS ONE













