Le Salata Institute de l'Université de Harvard a récemment publié un rapport mettant en garde contre les conséquences environnementales à long terme potentielles de l'expansion rapide des méga-constellations de satellites sur la haute atmosphère. Le rapport souligne que le retrait à grande échelle des satellites, en raison de leur durée de vie limitée et de la nécessité de les désorbiter, devient une problématique émergente à la fois technique et environnementale.

Début janvier, le nombre de satellites en orbite dépassait les 14 000. SpaceX, Blue Origin ainsi que de nouveaux fournisseurs de constellations prévoient de lancer des dizaines de milliers de satellites supplémentaires dans les prochaines années. Conçus pour une durée de vie typique de 5 à 10 ans, les opérateurs doivent planifier leur rentrée atmosphérique et leur combustion pour réduire les risques de débris spatiaux à la fin de leur service. Pour maintenir des constellations de cette ampleur, on estime que jusqu'à 23 satellites pourraient brûler quotidiennement dans la haute atmosphère à l'avenir.
Cependant, cette pratique n'est pas sans risques environnementaux. Les réglementations concernant la désorbitation des satellites se concentrent principalement sur la sécurité au sol, mais les résidus générés par leur combustion dans l'atmosphère pourraient avoir un impact persistant sur la stratosphère. Le rapport indique que les nombreux matériaux constitutifs des satellites peuvent former des particules ou des aérosols à haute température, susceptibles de persister longtemps dans la stratosphère sans être efficacement éliminés par des processus naturels comme les précipitations.
Une attention particulière est portée aux matériaux organiques et aux composants métalliques potentiellement présents. Par exemple, l'aluminium, couramment utilisé pour les coques de satellites, pourrait servir de catalyseur aux réactions entre le chlore et la couche d'ozone lors de la combustion, affectant ainsi le processus de restauration de l'ozone. Parallèlement, les suies carbonées formées par la combustion de plastiques ou de fibres de carbone pourraient, en modifiant les propriétés d'absorption ou de réflexion de la lumière dans la stratosphère, influencer indirectement la circulation atmosphérique et les modèles climatiques à la surface.
Les auteurs du rapport, s'appuyant sur l'expérience historique de la gestion du problème de la couche d'ozone, déclarent : « Le Protocole de Montréal est en lui-même un excellent exemple, montrant comment une régulation efficace peut résoudre ce type de défi technique lorsque les principes scientifiques sont bien compris et que les politiques sont bien conçues. Cependant, en ce qui concerne l'impact de la combustion des satellites dans l'atmosphère, aucune de ces deux conditions n'est actuellement remplie. » Cela signifie qu'il existe actuellement un manque d'évaluation scientifique approfondie et d'un cadre politique systématique adapté concernant les conséquences environnementales de la désorbitation des satellites.
Alors que les constellations de satellites sont encore dans une phase de développement rapide, le rapport appelle à mener rapidement des recherches plus approfondies pour évaluer scientifiquement leur impact atmosphérique et trouver un équilibre durable entre le développement spatial et la protection de l'environnement.











