Alors que la structure énergétique mondiale s'ajuste progressivement, l'Afrique du Sud est confrontée au défi de la transition de son industrie charbonnière. Le pays dépend encore à 74 % du charbon pour son électricité, possédant environ 108 mines de charbon, 14 centrales électriques au charbon et des ports de transport dédiés. Pour atteindre l'objectif de zéro émission nette d'ici 2050, l'Afrique du Sud doit progressivement éliminer le charbon tout en évitant un impact négatif sur les travailleurs et les communautés.
Des études montrent que la fermeture directe des mines et des centrales électriques aurait un impact économique significatif. Le secteur charbonnier sud-africain fournit directement plus de 100 000 emplois et soutient indirectement plusieurs milliers d'autres. Sans planification, ces emplois pourraient disparaître. Les recherches de Sandeep Pai et Jennifer Broadhurst indiquent que les infrastructures charbonnières peuvent être reconverties en nouveaux centres agricoles et d'énergies renouvelables pour réaliser une transition juste.
En Afrique du Sud, des cas de réutilisation des ressources charbonnières sont déjà explorés. La centrale électrique au charbon de Grootvlei construit un centre horticole climato-intelligent, utilisant les sites miniers pour cultiver des produits et former aux compétences agricoles. Les hubs d'énergies renouvelables exploitent quant à eux les réseaux routiers, ferroviaires et électriques existants pour soutenir la production d'énergie propre et le stockage d'électricité. Ces transitions doivent faire partie d'une stratégie régionale, favorisant la transformation coordonnée des mines, centrales, voies ferrées et ports.
Cependant, la transition progresse lentement. Le cadre politique n'a pas de force juridique contraignante, et l'entreprise publique Eskom manque de fonds suffisants. Le Partenariat international pour la transition énergétique juste a promis environ 14,3 milliards de dollars de financement, mais les procédures d'approbation sont complexes et les fonds n'ont pas été débloqués à temps sur les sites des projets. Le projet pilote de Glencore montre qu'en utilisant de l'eau traitée des mines, il est possible de cultiver du blé d'hiver sur des terres réhabilitées, démontrant ainsi le potentiel des paysages post-miniers. Les sites miniers pourraient également être utilisés pour cultiver des plantes industrielles comme le chanvre ou le kenaf, soutenant les industries du textile, de la construction et de la bioénergie.
Les chercheurs soulignent qu'une transition véritablement juste doit garantir que les travailleurs et les communautés affectés en bénéficient sur les plans économique et social, évitant ainsi d'aggraver les inégalités passées.











