Une équipe de recherche de l'Institut des neurosciences de Brigham de l'hôpital général du Massachusetts et de l'Université Brown a récemment développé une neuroprothèse d'écriture implantable par interface cerveau-ordinateur, conçue pour aider les patients paralysés à retrouver leur capacité de communication. Ces résultats de recherche ont été publiés dans la revue Nature Neuroscience.

Ce système d'interface cerveau-ordinateur, utilisant un clavier QWERTY et simulant les mouvements des doigts, a obtenu de bons résultats chez deux patients paralysés participant aux essais cliniques BrainGate. L'un souffre de sclérose latérale amyotrophique, l'autre d'une lésion de la moelle épinière cervicale. L'auteur principal, Daniel Rubin (M.D., Ph.D.), a souligné : « Pour de nombreux patients paralysés, la communication devient extrêmement difficile après la perte de l'usage de leurs mains et des muscles de la parole. Les outils traditionnels comme le suivi oculaire sont souvent trop lents, ce qui frustre souvent les patients. Les interfaces cerveau-ordinateur deviennent une alternative puissante aux solutions existantes. »
Le projet BrainGate a débuté en 2004 et est mené par une équipe multidisciplinaire, visant à créer de meilleurs outils de communication et de mobilité pour les patients atteints de maladies neurologiques. Le co-auteur Leigh Hochberg (M.D., Ph.D.) a déclaré : « Nous continuons à tester la faisabilité des interfaces cerveau-ordinateur implantables pour restaurer l'indépendance et la capacité de communication des patients. Ce modèle de collaboration fait progresser les technologies de neurorestauration et jette les bases pour le développement d'appareils médicaux implantables par l'industrie. »
Le fonctionnement de ce système d'interface cerveau-ordinateur implique l'implantation de microcapteurs électrodes dans le cortex moteur du cerveau. Lorsque les participants tentent des mouvements spécifiques des doigts, les électrodes détectent l'activité électrique neuronale, la convertissent en sortie de lettres via un système informatique, puis la traitent avec un modèle de prédiction linguistique pour assurer la précision.
Lors des premiers essais, les deux participants ont calibré l'appareil en utilisant seulement 30 phrases. L'un d'eux a atteint une vitesse de frappe de 110 caractères par minute, soit 22 mots par minute, avec un taux d'erreur de 1,6 %, se rapprochant du niveau des personnes valides. Plus important encore, ils ont tous deux pu utiliser l'appareil confortablement dans leur environnement domestique, démontrant le potentiel d'une utilisation future à domicile. Le premier auteur et auteur correspondant, Justin Jude (Ph.D.), a souligné : « Le décodage du mouvement des doigts est une avancée importante pour restaurer la fonction du membre supérieur. L'interface cerveau-ordinateur, combinant les neurosciences modernes et l'intelligence artificielle, offre un outil efficace aux patients paralysés pour retrouver communication et indépendance. »
Détails de la publication : Auteur : Mass General Brigham ; Titre : « Brain computer interface enables rapid communication for two people with paralysis » ; Publié dans : Nature Neuroscience (2026). Informations sur la revue : Nature Neuroscience












