Le Centre britannique d’écologie et d’hydrologie (UKCEH), en collaboration avec des institutions ukrainiennes et néerlandaises, a publié un rapport montrant que les sols agricoles ukrainiens souffrent d’un déséquilibre nutritif. Cette étude sur la gestion des éléments nutritifs dans les sols révèle que les quantités d’azote, de phosphore et de potassium prélevées par les récoltes dépassent largement les apports, ce qui risque de compromettre à long terme la capacité productive agricole.

En s’appuyant sur quarante années de données officielles, les chercheurs ont analysé la balance nutritive des principales cultures ukrainiennes : blé, maïs et tournesol. Le Dr Sergiy Medinets, responsable de l’étude au UKCEH, déclare : « Si aucune mesure n’est prise pour restaurer les éléments nutritifs perdus, la production agricole ukrainienne pourrait être durablement affectée. Cela toucherait non seulement la sécurité alimentaire de l’Ukraine, mais aussi celle du monde entier. »
L’étude préconise des mesures intégrées : meilleure valorisation des fertilisants organiques, application ciblée et précise des engrais chimiques, introduction de légumineuses dans les rotations. Elle rappelle qu’à l’époque soviétique l’usage excessif d’engrais était courant, mais qu’aujourd’hui la majorité des régions ukrainiennes souffrent d’un déficit en éléments nutritifs, aggravé par le conflit en cours.
Le Pr Mark Sutton, co-auteur, ajoute : « Nous sommes convaincus que le partage d’expertise en gestion des nutriments est un moyen pour le Royaume-Uni et d’autres pays de soutenir à la fois l’environnement et l’économie ukrainiens. » Le rapport plaide pour des systèmes agricoles mixtes, des réseaux locaux de collecte et distribution de fumier, ainsi que des outils intelligents de planification des apports d’engrais.
Les chercheurs estiment que plusieurs de ces mesures nécessitent peu d’investissement et peuvent être mises en œuvre immédiatement, même en temps de guerre. Elles permettraient de maintenir la productivité agricole, de réduire les coûts pour les agriculteurs et de limiter l’impact environnemental.












