En 2020, des débris de plastique, de verre et de caoutchouc recouverts d'une substance huileuse noire sont apparus sur les plages de Palm Beach, en Floride, aux États-Unis. Un groupe environnemental local appelé « Friends of Palm Beach » a partagé cette situation en ligne, attirant l'attention des scientifiques. Par la suite, les chercheurs ont collaboré avec des groupes communautaires et, grâce à des méthodes d'analyse intégrées, ont réussi à relier ces débris à un incident de pollution pétrolière survenu sur les côtes brésiliennes en 2019. Les résultats de cette recherche ont été publiés dans la revue « Environmental Science & Technology ». 
Sur la base de simulations de modèles de courants océaniques et d'analyses d'empreintes chimiques, l'équipe de recherche a émis l'hypothèse que ces débris de plastique marin souillés d'hydrocarbures pourraient provenir d'un navire ravitailleur de la Seconde Guerre mondiale, le « Rio Grande », qui a coulé dans l'Atlantique, et avoir dérivé sur plus de 8 500 km à travers l'océan, portés par les courants. Brian James, chercheur à la Northeastern University et auteur principal de l'étude, a souligné : « Sans la persévérance et l'observation minutieuse à long terme de « Friends of Palm Beach », cette découverte serait peut-être encore cachée par l'océan aujourd'hui. Leur connaissance approfondie des déchets sur les plages locales a été cruciale pour lancer cette enquête scientifique. »
Généralement, le pétrole brut ou les produits pétroliers sont dégradés naturellement sur des centaines de kilomètres après leur rejet en mer, ce qui rend difficile leur migration sur de très longues distances. Cependant, lorsque le pétrole adhère à des supports inertes comme les plastiques marins, sa « zone de voyage » peut s'étendre considérablement. L'étude a reconstitué le parcours probable de dérive des débris grâce à des modèles informatiques et a confirmé que leurs caractéristiques chimiques correspondaient à des échantillons d'hydrocarbures prélevés sur la côte brésilienne. Cela indique que les déchets plastiques ne sont pas seulement des polluants en soi, mais peuvent également servir de vecteurs pour le transport d'autres substances nocives (comme le pétrole), entraînant ainsi des effets de pollution combinés.
Christopher Reddy, scientifique au Woods Hole Oceanographic Institution, a déclaré que ce travail révèle un « effet de polluant additif », où la pollution plastique peut aider la pollution pétrolière à se propager bien au-delà de son point de fuite d'origine. Cette découverte approfondit la compréhension scientifique du « plastique huileux » en tant que nouvelle forme de pollution anthropique. Elle met en lumière la complexité du problème des déchets plastiques marins et leurs effets en cascade sur l'environnement à l'échelle mondiale.
Détails de la publication : Titre : « Long-Distance Transport of Petroleum by Marine Plastic Debris: Evidence from an 8,500-km Journey », publié dans : « Environmental Science & Technology » (2026). Informations sur la revue : Environmental Science & Technology












