fr.wedoany.com Rapport : Le gouvernement portugais a dévoilé la Stratégie nationale pour le stockage de l'électricité (Estratégia Nacional para o Armazenamento de Eletricidade), prévoyant d'atteindre 3 GW de stockage par batteries et 3,9 GW de stockage par pompage-turbinage d'ici 2030, ces objectifs étant respectivement portés à 4,5 GW et 5,26 GW d'ici 2040.

Lors de la présentation de la stratégie, la ministre de l'Environnement et de l'Énergie, Maria da Graça Carvalho, a souligné que le Portugal était entré dans « l'âge adulte des énergies renouvelables », le défi n'étant plus simplement d'augmenter la capacité installée solaire ou éolienne, mais d'équiper le système des infrastructures nécessaires à la gestion de ces énergies. Actuellement, environ 80 % de l'électricité portugaise provient de sources renouvelables, mais le gouvernement estime que le système approche de sa limite d'intégration. La ministre a expliqué que le stockage permet d'utiliser l'énergie perdue pendant les périodes de forte production et de faible demande, de la libérer lorsque la production renouvelable diminue et que la consommation augmente, tout en contribuant à stabiliser les prix de l'électricité pour les ménages et l'industrie.
Dans un premier temps, le gouvernement a convoqué une enchère le 14 septembre, prévoyant d'allouer 750 MW de capacité de stockage par batteries autonomes, auxquels s'ajouteront 300 MW de capacité résiduelle liée à des projets d'énergies renouvelables intégrant des systèmes de stockage d'énergie. L'appel d'offres se concentrera sur les nœuds stratégiques du réseau, notamment Rio Maior, Abrantes, Sines-Santo André, Alcochete-Palmela, Pegões-Divor, Estremoz ou Tavira. Parallèlement, le gouvernement prépare de nouveaux appels d'offres pour des projets de stockage par pompage-turbinage, mais ceux-ci dépendront de l'autorisation de la Commission européenne en matière d'aides d'État.
La stratégie introduit également un mécanisme de retour économique pour les zones où ces installations sont situées. Les municipalités participeront de manière permanente aux revenus générés par les projets de stockage, recevant 30 % des revenus du Système national de l'énergie (Sistema Nacional de Energie) issus des enchères de stockage autonome, et jusqu'à 70 % des revenus des projets liés à la capacité résiduelle. De plus, les développeurs devront consacrer 2,5 % de leurs revenus nets à des mesures de compensation pour les communautés locales, tandis que les projets intégrant des solutions agrivoltaïques bénéficieront d'un bonus de 20 % dans le processus d'appel d'offres. Le gouvernement affirme que cette mesure vise à renforcer l'acceptation sociale des nouvelles infrastructures énergétiques et à garantir que la transition énergétique apporte des bénéfices directs aux citoyens.
Le déploiement du stockage s'inscrit dans le cadre d'une réforme plus large du système électrique portugais. Le nouveau cadre réglementaire actualise la législation du secteur, introduisant des tarifs fixes et des contrats de fourniture d'électricité d'une durée d'au moins un an, renforçant la protection des consommateurs vulnérables en période de crise énergétique, simplifiant le développement de l'autoconsommation et des communautés énergétiques, et favorisant la conclusion de contrats d'achat d'électricité (PPA) à long terme. En outre, le gouvernement portugais a récemment annoncé un marché de capacité destiné au stockage, à la production et à la gestion de la demande.
Outre cette stratégie énergétique, le gouvernement portugais a également lancé l'élaboration de la Stratégie industrielle verte (Estratégia Industrial Verde) à l'horizon 2040, visant à tirer parti des avantages concurrentiels du pays pour attirer de nouveaux investissements industriels liés à la transition énergétique. Ce plan identifie des secteurs prioritaires, notamment le stockage d'énergie, les batteries, les gaz renouvelables, l'hydrogène, l'électrification industrielle, le captage et l'utilisation du carbone, la mobilité électrique et la décarbonation de l'industrie lourde.









