fr.wedoany.com Rapport : La Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a officiellement lancé le 29 juin à Abuja, au Nigeria, le système électronique de gestion des dossiers (ECMS), qui permet aux justiciables et aux avocats des 15 États membres d’introduire des recours devant la Cour régionale sans avoir à se rendre au siège.

L’ECMS est une plateforme web sécurisée, disponible en anglais, français et portugais. Les parties et leurs représentants peuvent soumettre des actes de procédure par voie électronique, recevoir des notifications judiciaires, suivre en temps réel l’évolution des affaires, gérer les documents de manière dématérialisée et participer à des audiences virtuelles. Le système automatise les tâches du greffe et génère des dossiers électroniques avec une piste d’audit complète.
Le président de la Cour, le juge Ricardo Cláudio Monteiro Gonçalves, a déclaré que ce lancement marque un nouveau départ où la technologie améliore l’accès à la justice, l’efficacité et la transparence de la gestion.
L’institution vise à enregistrer au moins 80 % des avocats en exercice sur la plateforme au cours des six prochains mois et à soumettre toutes les nouvelles affaires exclusivement via l’ECMS. D’ici 2030, son objectif est de devenir une cour entièrement sans papier, servant de référence pour les cours régionales africaines.
Le lancement de l’ECMS intervient alors que plusieurs pays africains numérisent leurs systèmes judiciaires. En Côte d’Ivoire, la plateforme e-justice.ci couvre depuis le 29 juin 2026 l’ensemble des 39 ressorts judiciaires du pays, après un déploiement progressif entamé en janvier 2025. Au Burkina Faso, plus de 600 000 casiers judiciaires ont été délivrés en ligne. Au Bénin, plusieurs actes judiciaires sont également délivrés en ligne depuis des années.
Cette tendance s’étend au-delà de l’Afrique de l’Ouest. Le ministère de la Justice de Madagascar a lancé en mai 2025 la plateforme jurisprudence.justice.gov.mg, qui intègre 1 130 arrêts de principe rendus par la Cour suprême entre 2009 et 2019. Le ministère de la Justice algérien a lancé en février 2026 une plateforme permettant aux avocats de télécharger et de télécharger des copies de jugements signés électroniquement.









