fr.wedoany.com Rapport : La Banque mondiale a approuvé un financement de 265 millions de dollars pour le projet de stockage par pompage d’Ifahsa au Maroc, développé par l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE). Le coût total du projet est estimé à 500 millions de dollars, avec la participation de la Banque africaine de développement au cofinancement.

La structure énergétique du Maroc reste fortement dépendante des importations de combustibles fossiles, qui représentent environ 87 % de la demande énergétique actuelle. À fin 2025, la capacité installée d’énergies renouvelables du pays s’élève à environ 5,5 GW, dont près de 1,3 GW de solaire, 2,4 GW d’éolien et 2,1 GW d’hydroélectricité.
Le projet d’Ifahsa est l’un des trois actifs de stockage par pompage développés par l’ONEE, dans le cadre de sa stratégie plus large de stockage, qui vise à ajouter 1 GW de capacité de stockage par pompage d’ici 2030. L’ONEE a mis en service en 2024 la centrale d’Abdelmoumen (350 MW) et développe actuellement la centrale d’El Menzel (362 MW). Par ailleurs, l’ONEE prévoit d’acquérir 800 MW/1 600 MWh de systèmes de stockage par batterie dans le cadre de son plan directeur 2026-2030.
Situé à 14 km de Chefchaouen, dans le nord du Maroc, le projet d’Ifahsa sera raccordé au réseau de transport de 400 kV. Il sera équipé de deux groupes réversibles de 150 MW, avec un débit maximal de 44 mètres cubes par seconde en mode génération et de 37 mètres cubes par seconde en mode pompage.
Selon l’analyse de la Banque mondiale, ce projet pourrait soutenir l’intégration de 400 MW de solaire et 600 MW d’éolien, réduisant chaque année d’environ 340 GWh le délestage d’énergies renouvelables par rapport à un scénario sans cette nouvelle centrale. L’ajout de capacité de stockage par pompage permettra au Maroc d’intégrer davantage d’énergies renouvelables dans son mix électrique, ce qui devrait stimuler au moins 1 GW de nouveaux projets menés par le secteur privé et libérer environ 1 milliard de dollars de capitaux privés.
Le taux d’électrification du Maroc ne cesse d’augmenter, avec une capacité totale installée de 12 GW en 2024 et une demande de pointe qui a atteint 8,2 GW en 2025, en hausse de 8 % par rapport à l’année précédente. La demande de pointe devrait atteindre 11,3 GW d’ici 2030, ce qui rend crucial l’accroissement de la capacité et de la flexibilité du système.
Ahmadou Moustapha Ndiaye, directeur de la Banque mondiale pour la région Maghreb et Malte, a déclaré que le projet d’Ifahsa illustre le type de partenariat que la Banque mondiale cherche à établir, réunissant des institutions multilatérales, des autorités nationales et mobilisant des capitaux.
Le prêt approuvé par la Banque mondiale combine un financement de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), un financement concessionnel du Fonds pour les technologies propres (Clean Technology Fund) et une subvention du Fonds pour une planète vivable (Livable Planet Fund).










