fr.wedoany.com Rapport : Le Conseil de sécurité nucléaire espagnol (CSN) a adopté en séance plénière un rapport favorable à la prolongation de l'autorisation d'exploitation de la centrale nucléaire d'Almaraz jusqu'au 8 juin 2030, demande déposée en novembre dernier par ses propriétaires, Iberdrola, Endesa et Naturgy.

La séance plénière du CSN a donné son feu vert à la poursuite de l'exploitation de la centrale du point de vue de la sûreté nucléaire et de la radioprotection, sans imposer d'investissements supplémentaires au-delà de ceux déjà prévus dans l'autorisation d'exploitation précédente. Des sources du Conseil de sécurité nucléaire ont confirmé l'adoption de ce rapport favorable, mais ont rappelé que l'autorisation finale relève du ministère de la Transition écologique et du Défi démographique (MITECO), qui analysera le dossier complet avant de prendre une décision et, le cas échéant, approuvera un nouvel arrêté ministériel pour officialiser la prolongation.
Ce rapport approuvé par le CSN se limite strictement à ses compétences techniques en matière de sécurité, la décision politique relevant désormais du gouvernement. La prolongation de l'autorisation impliquera une modification du calendrier actuel de fermeture, c'est-à-dire l'abrogation de l'arrêté ministériel qui avait fixé l'arrêt progressif des deux réacteurs. La séance plénière, composée du président Juan Carlos Lentijo, de la vice-présidente Pilar Lucio, et des commissaires Javier Dies, Francisco Castejón et Silvia Calzón, a soutenu ce rapport technique favorable.
La demande de prolongation, soumise par Iberdrola, Endesa et Naturgy, vise à étendre l'exploitation des deux réacteurs jusqu'en juin 2030. Le calendrier actuel prévoit la fermeture du réacteur n°1 le 1er novembre 2027 et celle du réacteur n°2 le 31 octobre 2028. Iberdrola, qui détient 53 % des parts de l'installation, et Endesa, qui en détient 36 %, plaidaient initialement pour une prolongation de dix ans, tandis que Naturgy, propriétaire des 11 % restants, soutenait une prolongation plus limitée. S'agissant d'une indivision, les décisions entre propriétaires doivent être prises à l'unanimité.
Cette demande implique une modification du calendrier de fermeture convenu en 2019 entre les propriétaires des centrales nucléaires espagnoles et l'entreprise Enresa, qui prévoyait l'arrêt progressif de toutes les centrales entre 2027 et 2035. Cet accord n'a pas de caractère contraignant, les entreprises conservant la possibilité de demander le renouvellement de l'autorisation dans les délais légaux.
L'approbation du CSN était largement attendue, car l'autorisation technique de cet organisme est généralement délivrée pour une durée de dix ans, et la centrale détient déjà un permis depuis 2020, attestant qu'elle remplit les conditions de sécurité nécessaires à son exploitation dans cet intervalle de temps.
L'avancement de la procédure de prolongation s'accompagne également d'un débat sur les taxes pesant sur la centrale. Iberdrola et Endesa avaient demandé une réduction de certains impôts, notamment la taxe sur le combustible nucléaire usé, approuvée en 2013. Ces deux entreprises ont finalement renoncé à cette exigence, le gouvernement s'y étant opposé, considérant cette modification comme une ligne rouge. Le Premier ministre Pedro Sánchez a souligné à plusieurs reprises ces derniers mois que toute décision concernant la prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires devait satisfaire à trois conditions non négociables : garantir pleinement la sûreté nucléaire, maintenir l'approvisionnement en électricité et ne pas entraîner de coûts supplémentaires pour les citoyens. La décision que prendra désormais le ministère créera également un précédent pour les futures demandes de renouvellement des autres centrales espagnoles.










