La centrale nucléaire de Pickering, près de Toronto au Canada, s'apprête à être mise à l'arrêt pour rénovation

2026-09-20 18:41
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fr.wedoany.com Rapport : Nicole Butcher, directrice générale d'Ontario Power Generation (OPG), a annoncé lors du Sommet canadien de l'investissement que les quatre unités de la centrale nucléaire de Pickering B, à savoir les unités 5 à 8, seront progressivement retirées du service et entreront dans une phase de rénovation complète d'une durée de cinq à sept ans. Ces quatre unités, en service depuis le milieu des années 1980, fournissent environ un dixième de l'approvisionnement électrique de l'Ontario. Avec l'arrêt de ces unités, les huit réacteurs de la centrale nucléaire de Pickering cesseront toute production d'électricité.

Selon le plan financier d'OPG, les travaux de rénovation commenceront par l'unité 5, qui devrait être reconnectée au réseau en 2031, l'ensemble du projet devant être entièrement achevé d'ici 2034. Ce processus consommera d'importantes ressources et beaucoup de temps, et aura un impact considérable sur l'approvisionnement énergétique de l'Ontario.

La centrale nucléaire de Pickering utilise la conception unique canadienne de réacteur à eau lourde CANDU, qui présente des différences notables par rapport aux réacteurs commerciaux à eau légère actuellement en exploitation aux États-Unis. La particularité du réacteur CANDU réside dans le fait que son combustible nucléaire est réparti dans des centaines de tubes horizontaux, plutôt que concentré dans un grand caisson sous pression. Cette conception permet au réacteur CANDU de « renaître de ses cendres » grâce au remplacement de ses tubes internes, un avantage techniquement inaccessible aux réacteurs en service aux États-Unis.

Dans le cadre des travaux de rénovation, les ouvriers devront extraire un grand nombre de tubes de pression et de conduites d'alimentation en eau lourde à haute température des quatre réacteurs. Avant de commencer les travaux de remplacement, il est indispensable de vider d'abord en toute sécurité tout le combustible nucléaire des réacteurs. Il s'agira d'un processus complexe et délicat, exigeant des compétences professionnelles de haut niveau et une exécution rigoureuse.

Face à l'arrêt de la centrale nucléaire, la Société indépendante d'exploitation du réseau d'électricité de l'Ontario (IESO) estime que l'approvisionnement électrique de la province pourra globalement rester équilibré jusqu'à la fin de 2027. Toutefois, en raison de l'interconnexion croissante du réseau ontarien avec d'autres régions et de la tension générale des capacités du réseau nord-américain, l'Ontario a revu à la baisse le volume d'importations d'électricité sur lequel elle peut compter en été.

Ce projet de rénovation nécessite l'obtention d'un permis définitif de la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN). La CCSN tiendra une audience en octobre et devrait rendre sa décision finale dans un délai de quatre mois. Si tout se déroule comme prévu, OPG prévoit de lancer officiellement en janvier prochain les travaux de démantèlement et de reconstruction de l'unité 5. Le secteur attend largement que, forte de l'expérience acquise par OPG dans le projet de rénovation de la centrale nucléaire de Darlington, ce projet puisse servir de nouveau modèle mondial pour la prolongation de la durée de vie et la modernisation technique des centrales nucléaires.

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