Le gouvernement tunisien a récemment exprimé son soutien au plan de restructuration de la cimenterie publique de Bizerte. Lors d'une réunion du cabinet présidée par le Premier ministre Saâla Zarafani Zanzari le 17 mars, les discussions se sont concentrées sur la revitalisation de cette entreprise cimentière confrontée à des difficultés opérationnelles et financières de longue date. Considérée comme l'une des plus anciennes entreprises tunisiennes de matériaux de construction, elle constitue un élément clé de la base industrielle du pays.

Selon une déclaration officielle, le plan de restructuration de la cimenterie de Bizerte sera mis en œuvre en trois phases. La première phase vise à relancer la production de clinker tout en mettant en place des mesures de contrôle des coûts pour réduire la dépendance aux services externes. La deuxième phase augmentera la capacité de production de ciment grâce à la modernisation des équipements et à l'amélioration des opérations. La troisième phase se concentrera sur l'amélioration de l'efficacité énergétique, la conformité environnementale et la compétitivité. Le Premier ministre Zanzari a souligné l'urgence de soutenir l'entreprise et de lancer la restructuration pour l'aider à surmonter ses difficultés actuelles.
Cependant, le gouvernement n'a pas encore dévoilé le mode de financement du plan de restructuration, ni indiqué s'il impliquerait une injection de capitaux, une restructuration de la dette ou des changements organisationnels plus larges. Compte tenu du statut de la cimenterie de Bizerte en tant qu'entité cotée, l'absence de détails financiers soulève des questions sur la faisabilité du plan. L'entreprise reste dans une situation financière fragile : selon les derniers résultats intermédiaires, son chiffre d'affaires est tombé à environ 18,6 millions de dinars tunisiens (environ 6,32 millions de dollars), tandis que des charges financières dépassant 5 millions de dinars continuent de peser sur sa rentabilité. Le secteur du ciment en Tunisie compte neuf producteurs, avec une capacité totale d'environ 12 millions de tonnes par an, employant plus de 4 000 personnes.
À court terme, les autorités recommandent de poursuivre l'achat et le traitement de clinker pour maintenir l'approvisionnement du marché du ciment, tout en mettant en œuvre des mesures de contrôle des coûts. D'autres propositions incluent l'amélioration de la logistique ferroviaire, l'expansion de l'utilisation du ciment en vrac, la création d'une filiale de vente à Tunis et le renforcement de la présence de l'entreprise sur le marché régional du ciment. Le Premier ministre Zanzari a noté que la cimenterie de Bizerte possède plusieurs atouts logistiques, notamment un terminal portuaire commercial, une connexion ferroviaire et des infrastructures modernes, qui pourraient faciliter son repositionnement.
Fondée en 1950 et nationalisée en 1959, la cimenterie de Bizerte est actuellement détenue à près de 80 % par l'État. Le succès du plan de restructuration pourrait dépendre de la capacité à obtenir des financements suffisants et à rétablir des niveaux de production de ciment durables à moyen terme.









