L'Espagne mettra en œuvre un taux d'incorporation obligatoire de biométhane en 2028, pour atteindre 6 % en 2035
2026-05-28 15:50
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fr.wedoany.com Rapport : Le ministère espagnol de la Transition écologique et du Défi démographique (MITECO) a récemment soumis un projet de décret royal visant à transformer le paysage énergétique national par l'introduction d'un taux minimal obligatoire d'incorporation de carburant vert (biométhane). Présenté par le secrétaire d'État à l'Énergie, Joan Groizard, ce projet exige que les entreprises de commercialisation de gaz naturel et les utilisateurs s'approvisionnant directement sur le marché de gros remplacent progressivement, à partir de 2028, le gaz naturel conventionnel par du biométhane issu de déchets d'élevage et agricoles, afin de réduire la dépendance aux marchés étrangers et de diminuer les émissions polluantes. La période de consultation publique sur ce projet se poursuivra jusqu'au 11 juin.

Selon le calendrier fixé par le projet, le taux minimal obligatoire de carburant vert dans les transactions de gaz naturel conventionnel débutera à 0,5 % en 2028, puis augmentera progressivement chaque année pour atteindre 6 % en 2035. Les prévisions de la demande, gérées conjointement par la Commission nationale des marchés et de la concurrence (CNMC) et la Planification énergétique nationale, indiquent que ce taux correspondra à terme à un volume annuel d'incorporation de carburant vert d'environ 10 TWh. Pour valider les transactions, les entreprises concernées devront présenter les garanties d'origine correspondantes.

Les statistiques officielles montrent que la filière du biométhane en Espagne s'accélère : alors qu'il n'existait qu'une seule installation opérationnelle dans le pays en 2021, on en comptait déjà 23 au début de l'année 2026. Actuellement, 21 de ces centres injectent directement leur production dans le réseau national, pour une capacité totale de 1,4 TWh. L'objectif national à moyen terme est d'atteindre une production totale de 20 TWh par le biais de processus de biodécomposition d'ici la fin de la décennie. Le cadre réglementaire de ce projet s'appuie sur le décret royal 7/2026 du 20 mars, visant à répondre aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Le régime de sanctions qualifie de très graves les infractions liées au non-respect ou à la certification inadéquate des objectifs annuels.

Concernant le champ d'application du taux obligatoire de carburant vert, le projet exclut explicitement l'approvisionnement destiné aux centrales à cycle combiné, ainsi que la consommation d'énergie des installations de cogénération et des zones insulaires. La demande du secteur des transports (routier, aérien et maritime) sera régie par une législation distincte. Les usines fournissant des produits pour satisfaire ces objectifs devront obtenir une certification d'adéquation environnementale, garantissant des bénéfices sociaux en milieu rural. Le stockage et le traitement des déchets organiques locaux sont essentiels pour équilibrer les activités d'élevage traditionnelles et l'approvisionnement énergétique régional, la réglementation exigeant des audits rigoureux pour certifier la traçabilité complète du vecteur propre, du site de production jusqu'au point d'injection.

L'utilisation stratégique du biométhane dans le réseau actuel garantit la stabilité énergétique et la transition économique pour des millions de consommateurs espagnols.

Le projet envisage également plusieurs modifications techniques visant à optimiser l'utilisation des gazoducs existants et à accélérer le raccordement des installations de traitement. L'une des principales nouveautés est la considération des systèmes à flux inversé comme partie intégrante et finançable du réseau de transport, ainsi que la définition des caractéristiques des canalisations directes destinées à remplacer le type de gaz combustible. Afin d'assurer la transparence du marché et de prévenir la fraude, la réglementation prévoit la disqualification immédiate des opérateurs en infraction et envisage de renforcer le contrôle administratif via un nouveau canal électronique. La reconfiguration du système vise à garantir la sécurité de l'approvisionnement national et à offrir une stabilité aux investisseurs dans les énergies renouvelables. Pleinement soutenu par les directives de l'UE, ce projet vise à valoriser les sous-produits organiques et à promouvoir l'économie circulaire. Le déploiement de ces installations recherche un équilibre géographique, favorisant la fixation de la population dans les zones vulnérables grâce à l'emploi spécialisé.

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