fr.wedoany.com Rapport : AST SpaceMobile a soumis en juin au Brésil une demande de « dépôt » pour la première constellation non géostationnaire (NGEO) du pays, composée de plusieurs centaines de satellites, destinée aux applications de connexion directe aux appareils (direct-to-device), avec une couverture optimisée pour le Brésil. Le dépôt est une procédure nécessaire pour la coordination internationale des positions orbitales et des fréquences, gérée par l'Union internationale des télécommunications (UIT), chaque pays soumettant ses demandes par l'intermédiaire de son représentant international (pour le Brésil, l'Agence nationale des télécommunications (Anatel)). Aucun dépôt de ce type n'existe actuellement au Brésil ; si l'Anatel l'accepte, la demande sera soumise à la coordination mondiale. Cette demande concerne les bandes de fréquences satellitaires, les fréquences IMT pour les opérations terrestres et les bandes de fonctionnement des passerelles.
La position orbitale du Brésil confère au pays demandeur un droit de priorité et de juridiction sur cette constellation, mais le Brésil ne peut pas demander arbitrairement une position à l'UIT en raison des délais d'occupation ; si ceux-ci ne sont pas respectés, le pays perdra sa priorité.
Bien qu'AST SpaceMobile ne soit pas une entreprise brésilienne, le Brésil peut exiger que l'entreprise demandeuse assume certaines obligations (telles que la couverture, les passerelles locales, etc.) pour pouvoir opérer sous la position et les fréquences coordonnées du pays. Ce mécanisme est particulièrement crucial lorsqu'un pays cherche à exercer une certaine souveraineté sur une constellation opérant sur son territoire.
La demande de position NGEO au Brésil par AST SpaceMobile s'inscrit dans le cadre de sa compétition mondiale : l'entreprise cherche à sécuriser des points d'appui partout dans le monde. Aux États-Unis (AST étant une entreprise américaine), seules les entreprises détenant des droits de fréquences locaux peuvent demander une coordination mondiale par l'intermédiaire du pays. Les règles de la Commission fédérale des communications (FCC) favorisent actuellement principalement Starlink, ce qu'AST conteste auprès des autorités réglementaires locales. En attendant, l'entreprise sécurise autant de droits d'exploitation que possible par l'intermédiaire d'autres pays, ayant déjà soumis des dépôts via le Royaume-Uni et l'Allemagne, et cherche désormais à le faire directement via le Brésil.

Récemment, l'Anatel a autorisé AST à exploiter la bande S au Brésil, avec une largeur de bande de 10 MHz + 10 MHz. Starlink a contesté le plan de répartition des bandes proposé par l'Anatel et a déposé un recours ainsi qu'une demande de suspension. La semaine dernière, le président de l'agence, Carlos Baigorri, a rejeté la demande de suspension, et le fond du recours sera examiné par le conseil d'administration.










