Le Brésil prévoit 40 GW d’énergie éolienne et solaire gaspillée d’ici 2030
2026-07-09 18:09
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fr.wedoany.com Rapport : L’Opérateur national du système électrique du Brésil (ONS) prévoit que, entre 2027 et 2030, la capacité annuelle d’énergie éolienne et photovoltaïque gaspillée pourrait atteindre 40 GW, reflétant un excédent croissant d’électricité renouvelable à certaines périodes et des contraintes opérationnelles du Système interconnecté national (SIN). Cette évaluation provient du « Plan d’exploitation électrique à moyen terme 2025 (PAR/PEL) – Résumé exécutif du cycle 2026-2030 » publié par l’opérateur.

Selon ce document, le gaspillage d’énergie reste principalement concentré pendant les périodes de pointe de la production photovoltaïque. À ces moments, une forte production solaire, une faible demande d’électricité et des limitations de transport obligent à restreindre une partie de la production afin de maintenir la sécurité et la fiabilité du fonctionnement du système électrique. Le niveau de gaspillage nocturne est souvent nettement inférieur, ce qui indique que le défi est directement lié aux caractéristiques temporelles de la production solaire.

L’étude montre que, même en tenant compte de la croissance de la charge dans les années à venir, ce problème persistera tout au long de la période de planification. Dans une analyse de sensibilité, l’ONS a évalué l’ajout de 4 GW de charge supplémentaire au système et a conclu que cette mesure réduirait le gaspillage de moins de 800 MW (en moyenne), un résultat jugé insuffisant par rapport à l’ampleur de l’excédent prévu.

Pour l’opérateur, l’atténuation du gaspillage reposera sur une série de mesures structurelles, notamment l’expansion des lignes de transport, le déploiement de systèmes de stockage d’énergie par batteries (BESS), des programmes de réponse à la demande, une amélioration de la flexibilité opérationnelle, et l’introduction de nouveaux consommateurs capables d’absorber une partie de l’excédent de production pendant la journée.

Le document souligne également que ces initiatives ne suffisent pas à elles seules à résoudre le problème. Selon l’ONS, il est nécessaire de coordonner l’expansion de la production d’énergie renouvelable variable avec la croissance de la charge, en particulier pendant les heures de jour. Si l’expansion de la production solaire centralisée et de la micro et mini génération distribuée (MMGD) continue de dépasser la croissance de la consommation, le système pourrait connaître un excédent structurel croissant, élargissant ainsi la nécessité de restrictions opérationnelles.

Le document plaide en faveur d’une planification intégrée de la production, du transport et de la consommation d’électricité, soulignant que le défi ne réside pas seulement dans l’augmentation de l’offre d’énergie renouvelable, mais aussi dans la garantie que cette énergie puisse être utilisée efficacement par le système.

Le plan PAR/PEL prévoit des investissements dans les infrastructures électriques pour accroître la capacité d’évacuation de la production d’énergie renouvelable. Ce plan prévoit la construction d’environ 5 301 km de lignes de transport et de 24 314 MVA de transformateurs sur la période de planification, avec un investissement estimé à environ 28,1 milliards de reais.

Les projets clés incluent l’augmentation de la capacité d’échange entre le Nord/Nord-Est et le Sud-Est/Centre-Ouest, qui devrait passer de 18,5 GW en janvier 2026 à 23 GW en 2030, élargissant ainsi la capacité de transport de l’électricité renouvelable, principalement produite dans le Nord-Est, vers les principaux centres de charge du pays.

L’ONS estime que la charge maximale du Système interconnecté national atteindra environ 129 GW d’ici 2030, soit une augmentation d’environ 17 % par rapport au pic de 2025. Au cours de la même période, en raison de l’expansion continue des énergies renouvelables, la capacité installée devrait atteindre 269 GW.

La capacité installée des centrales éoliennes et solaires centralisées atteindra près de 60 GW à la fin de la période de planification. En tenant compte de tous les projets ayant signé des contrats d’utilisation du système de transport (CUST), cette capacité pourrait atteindre environ 77 GW, ce qui renforce encore le besoin d’une exploitation plus flexible.

L’augmentation de la part des énergies renouvelables nécessite de nouveaux outils opérationnels pour maintenir la fiabilité du SIN, y compris des ressources capables de fournir de la flexibilité, des réserves opérationnelles et un soutien à la stabilité électrique.

Le rapport souligne également le rôle de la micro et mini génération distribuée (MMGD) dans la modification de la courbe de charge du système. Selon l’ONS, ce modèle a déjà dépassé 43 GW de capacité installée, réduisant la charge observée pendant la journée, augmentant le taux de montée en charge en soirée et provoquant des flux inverses dans certains réseaux de distribution.

Malgré les défis opérationnels, l’opérateur estime que, lorsque les ressources énergétiques distribuées sont combinées à des mécanismes de gestion intelligente et de contrôle opérationnel, elles contribuent à améliorer la flexibilité du système. Les initiatives en cours incluent la mise à jour du PRODIST (Procédures de distribution), l’élaboration de plans de gestion des excédents d’énergie dans les réseaux de distribution, et l’amélioration de la représentation de la MMGD dans les modèles utilisés par l’ONS.

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