fr.wedoany.com Rapport : La société d’investissement durable française RGreen Invest a investi 52,4 millions d’euros (environ 59 millions de dollars) dans le fournisseur français de solutions géothermiques Arverne, afin de promouvoir le développement de l’énergie géothermique. Cet investissement est réalisé par l’intermédiaire de sa société holding Geogreen, en partenariat avec le fondateur et PDG d’Arverne, Pierre Brossolet.
RGreen Invest gère environ 3,3 milliards de dollars d’actifs, se concentrant sur les investissements dans les infrastructures d’énergie renouvelable et l’atténuation du changement climatique. Le principe fondamental de l’entreprise est la souveraineté énergétique, visant à aider les entreprises et les pays à mieux contrôler leur consommation d’énergie.
Arverne a été fondée en 2018 à Pau, en France, mais ses racines de forage remontent à Arverne Drilling Services, créée en 1958, qui était initialement spécialisée dans les forages pétroliers, gaziers et miniers. Pierre Brossolet a décidé d’orienter cette expertise vers la géothermie, en utilisant des techniques de forage géothermique profond pour extraire la chaleur du sous-sol. Outre les activités de forage, Arverne possède également la société 2gré, qui commercialise l’énergie géothermique, et Lithium de France, qui tente d’extraire du lithium des saumures géothermiques chaudes souterraines.
Le projet le plus remarquable d’Arverne à ce jour se situe sous l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle. Fin 2024, l’entreprise a foré deux puits géothermiques pour l’opérateur aéroportuaire Groupe ADP, produisant jusqu’à 80 gigawattheures d’énergie par an pour le Terminal 1. Par la suite, Arverne et le groupe énergétique Dalkia ont obtenu une concession de 30 ans pour construire et exploiter un réseau de chauffage urbain géothermique à Clichy-sous-Bois et Livry-Gargan, en banlieue parisienne, pour un projet d’une valeur de près de 90 millions d’euros (environ 102,6 millions de dollars). En mai de cette année, l’entreprise a créé une coentreprise, Francilienne de Géothermie, avec la Banque des Territoires, branche d’investissement local de la banque publique française Caisse des Dépôts, dédiée au développement de projets géothermiques en Île-de-France, une région située au-dessus de l’aquifère du Dogger, l’un des marchés de chauffage géothermique les plus matures d’Europe. En Alsace, Lithium de France a commencé à forer sa première paire de puits géothermiques à Schwabwiller à la mi-2025, visant à produire simultanément de la chaleur et du lithium à partir du même puits.
Selon une étude de l’Agence internationale de l’énergie, les ressources géothermiques jusqu’à 8 kilomètres de profondeur dans le sous-sol mondial pourraient fournir 600 térawatts d’électricité, alors que la demande énergétique mondiale actuelle n’est que de 20 térawatts. Malgré ce potentiel immense, la géothermie représente encore une part modeste du mix énergétique européen. Selon les données de l’EGEC, l’organisme sectoriel, la production de chauffage urbain géothermique en Europe a augmenté de 4,6 % entre 2023 et 2024. Le gouvernement français vise à quadrupler la production géothermique d’ici 2035, pour atteindre 28 térawattheures. Les États membres de l’Union européenne ont pour la première fois exprimé un soutien clair à la géothermie en décembre 2024, et la Commission européenne est sous la pression d’une coalition de près de 70 entreprises et investisseurs (incluant des signataires comme l’EGEC et Cleantech for Europe) pour publier une stratégie géothermique dédiée. Cette coalition estime que la technologie géothermique pourrait remplacer 42 % de la production restante d’électricité à partir du charbon et du gaz en Europe.
Le principal obstacle à la croissance de la géothermie est le risque de capital initial, car le forage d’exploration peut coûter des dizaines de millions d’euros, sans que les développeurs puissent prédire la performance du puits. Selon les données de Rystad Energy, le taux d’échec des puits d’exploration varie de moins de 10 % en Hongrie et en Allemagne à 30 % aux Pays-Bas. Les processus d’autorisation varient considérablement entre les États membres de l’UE, ce qui accroît la complexité du développement. La perception publique selon laquelle le forage profond pourrait provoquer des séismes constitue également un obstacle, comme en témoignent des événements à Bâle, en Suisse, et à Staufen, en Allemagne, qui ont endommagé des bâtiments.

Nicolas Rochon, fondateur et PDG de RGreen Invest, a présenté cet investissement sous l’angle de la sécurité énergétique. Il a déclaré que l’entreprise était ravie de collaborer avec Arverne, une société qui a prouvé sa capacité à libérer le potentiel des ressources géothermiques françaises, en fournissant des infrastructures stratégiques renforçant la sécurité énergétique de la France et de l’Europe. Pierre Brossolet a indiqué que l’objectif d’Arverne est de produire environ 4 térawattheures d’énergie géothermique profonde par an en France d’ici 2031-2033, soit plus de la moitié de l’objectif fixé par la feuille de route énergétique nationale, ce qui permettrait d’éviter près d’un million de tonnes d’émissions de CO₂ par rapport au gaz naturel. De plus, Lithium de France produirait 27 000 tonnes de carbonate de lithium par an, fournissant des matériaux pour batteries à environ 800 000 véhicules électriques.






