La Chine apporte une contribution majeure au projet « Soleil artificiel » — Entretien avec Alain Bécoulet, directeur général adjoint et scientifique en chef de l’organisation ITER
2026-07-27 14:46
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fr.wedoany.com Rapport : Alain Bécoulet, directeur général adjoint et scientifique en chef de l’organisation du Réacteur thermonucléaire expérimental international (ITER), a récemment déclaré dans un entretien exclusif avec l’agence Xinhua que la Chine a apporté une contribution importante à la construction du « Soleil artificiel », ce grand projet scientifique international, sur les plans industriel, technique et scientifique, et qu’elle accélère le développement mondial de la recherche sur la fusion.

Photo d’archive d’Alain Bécoulet, directeur général adjoint et scientifique en chef de l’organisation du Réacteur thermonucléaire expérimental international (ITER). Photo fournie par le photographe à Xinhua.

L’ITER est un dispositif « Soleil artificiel » construit conjointement par sept parties : l’Union européenne, la Chine, la Russie, les États-Unis, le Japon, la Corée du Sud et l’Inde. Ce projet vise à simuler le processus de fusion nucléaire par lequel le Soleil produit lumière et chaleur, et à explorer la faisabilité commerciale de la technologie de fusion contrôlée. Selon les informations publiées par l’organisation ITER, la majeure partie des travaux de génie civil est aujourd’hui achevée, et le projet se trouve en phase de préparation pour l’assemblage des équipements principaux et la mise en service des systèmes. Le démarrage des opérations scientifiques globales est prévu pour le milieu des années 2030.

M. Bécoulet a souligné que la Chine joue un rôle fondamental dans la fourniture de composants pour l’ITER, notamment dans les domaines de la supraconductivité, des câbles et de la fabrication des aimants. La Chine a également fourni au projet le cryostat utilisé pour les tests cryogéniques des bobines du champ toroïdal, l’un des grands composants livrés sur le site de l’ITER.

Selon M. Bécoulet, l’un des plus grands contrats d’assemblage de l’ITER concerne actuellement l’installation du dispositif expérimental de fusion tokamak, confiée à un consortium dirigé par la China Nuclear Engineering Corporation. Il a indiqué que l’équipe chinoise « a dépassé les attentes en termes de délais et de coûts », constituant une force motrice importante pour accélérer le projet.

Au-delà de ses contributions techniques et industrielles, la communauté scientifique chinoise apporte également un soutien scientifique à l’ITER. M. Bécoulet a précisé que l’équipe de l’ITER collabore avec les principaux instituts chinois, tels que l’Institut de physique des plasmas de l’Académie des sciences de Hefei et l’Institut de physique du Sud-Ouest de la China National Nuclear Corporation, pour la planification des expériences, les simulations et la validation des prototypes. Les dispositifs chinois comme « EAST » (Experimental Advanced Superconducting Tokamak) et « HL-3 » (China’s Fusion Reactor No. 3) sont utilisés pour prédire le comportement expérimental et tester les composants associés.

M. Bécoulet a particulièrement mentionné le dispositif expérimental compact de fusion énergétique (BEST) en cours de construction en Chine. « Ce dispositif est presque un jumeau technologique de l’ITER, une sorte de mini-ITER. Nous avons décidé de le mettre en service conjointement avec l’Académie des sciences de Chine afin de valider à l’avance les procédures, outils et expériences nécessaires à la future mise en service de l’ITER, accélérant ainsi son processus », a-t-il déclaré.

En tant que scientifique en chef de l’ITER, M. Bécoulet mène depuis longtemps des recherches sur l’énergie de fusion et collabore avec ses homologues chinois depuis 1991. Il a participé à la création du Centre de recherche conjoint franco-chinois sur la fusion et a reçu le Prix chinois de la coopération scientifique et technologique internationale.

Selon M. Bécoulet, la Chine, partie de laboratoires de taille modeste avec des moyens techniques et une expérience relativement limités, a accéléré le développement de sa filière fusion en investissant massivement dans les ressources, en développant activement la coopération internationale et en formant des talents. Aujourd’hui, elle commence à jouer un rôle de leader dans le domaine mondial de la fusion.

Ce qui l’a le plus impressionné, c’est que le secteur chinois de la fusion a formé une structure multipartite, où l’exploration de différentes voies reflète la maturité et la stratégie globales du système scientifique et technologique chinois. « La Chine ne se contente pas de mener des projets individuels ; elle fait preuve d’une véritable dynamique, en élaborant au niveau national une stratégie de développement et un plan d’ensemble pour la fusion », a-t-il déclaré.

« C’est une entreprise qui nécessite des ressources, des acteurs et un esprit d’innovation. Seuls ceux qui agissent vraiment feront avancer les choses et en tireront profit », a conclu M. Bécoulet.

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