Les États-Unis accélèrent le déploiement du nucléaire en mer : la réglementation brise la glace, les SMR sur barges portuaires entament une phase exploratoire
2026-07-27 14:48
Favoris

fr.wedoany.com Rapport : Fin juillet 2026, les États-Unis poursuivent l’expansion des applications de l’énergie nucléaire, en lançant successivement plusieurs politiques et actions industrielles emblématiques.

Au niveau fédéral, le Bureau of Ocean Energy Management (BOEM) du ministère de l’Intérieur et la Nuclear Regulatory Commission (NRC) des États-Unis ont signé un protocole d’accord inter-agences, clarifiant les limites des responsabilités réglementaires dans le domaine du nucléaire en mer. Côté industrie locale, le port de Long Beach en Californie, en collaboration avec la Maritime Administration (MARAD) du département des Transports et une start-up nucléaire, étudie la faisabilité de l’utilisation de petits réacteurs modulaires (SMR) montés sur barges pour alimenter le port en énergie.

Cette série de mesures vise à briser les contraintes géographiques qui ont longtemps confiné le nucléaire aux sites terrestres, en établissant un cadre institutionnel de base pour l’extension de l’énergie nucléaire aux zones côtières et maritimes. Cependant, tous les projets en sont encore au stade de la recherche et de la démonstration préliminaires, et un écart temporel significatif subsiste avant une mise en œuvre concrète.

Le 22 juillet, le BOEM et la NRC ont officiellement signé un protocole d’accord, marquant la première fois au niveau fédéral américain qu’un mécanisme de coordination réglementaire normalisé est établi pour le déploiement du nucléaire sur le plateau continental extérieur. Le protocole définit clairement les responsabilités réglementaires : le BOEM supervise la location des droits d’utilisation des eaux fédérales, l’approbation des sites sur le plateau continental extérieur et les évaluations environnementales associées ; la NRC est chargée des fonctions principales de réglementation nucléaire, notamment l’examen de la sûreté et la délivrance des licences nucléaires pour toutes les installations nucléaires maritimes.

Cet accord s’applique principalement aux installations nucléaires maritimes telles que les plates-formes flottantes côtières et les SMR montés sur barges, et n’inclut pas les concepts de réacteurs sous-marins. À ce jour, aucun projet commercial de nucléaire en mer n’a été approuvé ou n’a débuté sa construction dans les eaux sous juridiction fédérale américaine. Ce protocole sert davantage de préparation institutionnelle prospective.

En tant qu’élément clé de la construction du système réglementaire du nucléaire en mer par la NRC, l’organisme de réglementation a organisé plusieurs cycles de réunions de consultation publique en 2026 et prévoit de publier un livre blanc spécialisé sur le nucléaire en mer à l’automne, en s’appuyant sur les cadres réglementaires existants (10 CFR Part 50/52/53/57) pour traiter les futures demandes de permis de projet. Même si l’accord de haut niveau sur les responsabilités est en place, la boucle réglementaire complète nécessite encore une coordination entre la version finale de la Part 57, les règles de location des zones maritimes du BOEM et les normes de gestion des navires des garde-côtes américains. L’achèvement de l’ensemble du système réglementaire devrait prendre plusieurs années.

Sur le plan de l’exploration de scénarios spécifiques, le 21 juillet, le port de Long Beach en Californie et la MARAD ont signé un protocole d’accord pour étudier conjointement les normes d’application, les modes de fonctionnement et les normes de sécurité des petits réacteurs dans les environnements portuaires. Le même jour, la start-up Bluecore Energy, longtemps restée discrète, a annoncé avoir bouclé un tour de table de pré-amorçage de 10 millions de dollars. La feuille de route technologique de l’entreprise vise à développer un petit réacteur modulaire refroidi à l’eau de 10 MWe, intégré sur une barge pour créer une source d’énergie mobile, fournissant une énergie stable et bas carbone pour l’alimentation à quai des navires et les charges industrielles portuaires. Bluecore Energy est le partenaire de recherche et développement technologique de cette collaboration. Les documents signés par l’autorité portuaire et la MARAD ne constituent qu’un accord-cadre de recherche, et le projet en est encore au stade de la conception de démonstration, sans être entré dans la phase de préparation d’un projet de démonstration.

Dans l’ensemble, la mise en place des règles réglementaires de haut niveau et les études pilotes sur les scénarios portuaires forment une double approche, résolvant efficacement les conflits de compétence qui ont longtemps entravé le développement du nucléaire en mer aux États-Unis et envoyant un signal clair de la volonté américaine d’explorer ce nouveau marché émergent. Cependant, une percée dans le cadre réglementaire ne signifie pas une commercialisation rapide du nucléaire en mer. Les installations nucléaires maritimes devront encore surmonter des défis environnementaux tels que la corrosion marine et les charges des vagues, tout en améliorant les plans d’urgence hors site, en clarifiant les limites de responsabilité des assurances tierces, en coordonnant les règles de l’Organisation maritime internationale et en renforçant l’acceptation du public. De multiples défis restent à résoudre un par un.

Objectivement, les politiques et les dynamiques industrielles lancées par les États-Unis en juillet 2026 marquent l’entrée officielle du développement du nucléaire en mer dans une phase de préparation institutionnelle, qui n’est que le début d’un long cycle de développement industriel. Pour parvenir à une alimentation électrique à grande échelle par des SMR sur barges et à la mise en service stable de projets de nucléaire flottant sur le plateau continental extérieur, le secteur devra encore traverser une longue période d’itérations technologiques, de perfectionnement réglementaire et d’investissements continus en capital.

Ce texte est rédigé, traduit et republié à partir des informations de l'Internet mondial et de partenaires stratégiques, uniquement pour la communication entre lecteurs. En cas d'infraction au droit d'auteur ou d'autres problèmes, veuillez nous en informer à temps pour la modification ou la suppression. La reproduction de cet article est strictement interdite sans autorisation formelle. Mail : news@wedoany.com