fr.wedoany.com Rapport : Le Portugal a réalisé trois avancées majeures dans le domaine de l'intelligence artificielle, notamment la publication du premier grand modèle linguistique dédié à la langue portugaise, la construction d'une infrastructure de calcul à grande échelle et la soumission d'une demande pour le projet européen de super-usine d'IA. Ces initiatives permettent au Portugal de rester compétitif dans la course à l'IA, plutôt que d'être un simple spectateur, comme sur un terrain de football.
Le 1er juillet, le gouvernement portugais a soumis la version finale d'AMÁLIA, le premier grand modèle linguistique spécialement conçu pour le portugais du Portugal. La première phase de ce projet a nécessité un investissement de 5,5 millions d'euros, et la deuxième phase devrait nécessiter 1,5 million d'euros supplémentaires, impliquant environ 60 chercheurs de sept universités. Le code du modèle est open source, et à partir du second semestre de cette année, l'assistant virtuel du portail gouvernemental gov.pt l'utilisera pour dialoguer avec les citoyens.
En matière de capacité de calcul, le centre de données Start Campus, situé à Sines, a été élu meilleure installation européenne pour 2026. Le site dispose d'une capacité approuvée de 1,2 GW et est construit sur l'ancien site d'une centrale au charbon. Microsoft et Nscale y ont déjà installé plus de 12 000 GPU de dernière génération et se sont engagés à en installer plus de 66 000 d'ici 2027, pour un investissement total de plus de 690 millions d'euros.
À l'échelle, le Portugal a soumis une demande publique à l'Entreprise commune pour le calcul à haute performance européen (EuroHPC) pour construire une super-usine d'IA centrée sur Sines, reliant Lisbonne et Abrantes. Cette demande est menée par la Banque de développement du Portugal (Banco de Fomento), et le gouvernement a approuvé un investissement public de 200 millions d'euros dans le calcul. Si elle est retenue, Bruxelles égalera ce montant, permettant de mobiliser 400 millions d'euros lors de la première phase, avec un objectif total proche de 4 milliards d'euros. L'appel d'offres officiel européen a maintenant commencé, et une décision sera prise ultérieurement.
Les modèles, les infrastructures et le capital sont les trois niveaux nécessaires à tout pays souhaitant avoir son mot à dire dans le domaine de l'IA. La plupart des pays européens de taille comparable au Portugal n'en possèdent aucun. Actuellement, le Portugal progresse sur ces trois niveaux. Cependant, ces trois niveaux ne sont pas encore interconnectés : AMÁLIA est un modèle de recherche public, la capacité de calcul de Sines est en grande partie une capacité commerciale de Microsoft, exécutant des charges de travail de clients internationaux, et il n'y a actuellement aucune garantie que le modèle national ou les entreprises portugaises fonctionneront sur ces matériels.
La véritable autonomie réside dans le taux d'adoption. La grande majorité des PME portugaises souhaitant utiliser l'IA choisissent par défaut OpenAI, Anthropic ou Google. Un modèle public que personne n'utilise pour construire, aussi bien soit-il réalisé, n'est qu'une pièce de musée. L'investissement de 7 millions d'euros, comparé aux milliards d'euros brûlés chaque année par les grands laboratoires, n'est qu'un budget de démarrage, pas un budget de compétition. Sur la base de cette prise de conscience, LayerX a construit une interface ouverte pour dialoguer avec AMÁLIA.
Certains problèmes ne peuvent être résolus par des solutions. La super-usine a besoin d'énergie (on estime qu'elle consommera l'équivalent d'une ville comme Aveiro), de talents et de l'approbation de Bruxelles. AMÁLIA est financé par le Plan de relance et de résilience (PRR), qui se termine en 2026, et la question du soutien après le PRR reste en suspens.










