fr.wedoany.com Rapport : Des ingénieurs et archéologues du Centre de recherche sur la fabrication et l'automatisation (Manufacturing and Automation Research Center, MARC) et du Centre de recherche en archéologie maritime Mustafa V. Koç (Mustafa V. Koç Maritime Archaeology Research Center, KUDAR) de l'université Koç ont développé une méthode de conservation des artefacts : remplacer les parties manquantes des amphores archéologiques par impression 3D et intégrer des capteurs dans les pièces de réparation afin de suivre l'état des artefacts.

La première étape du processus est la photogrammétrie, qui consiste à combiner des centaines de photos se chevauchant de l'amphore en un modèle numérique tridimensionnel. Les chercheurs reconstruisent les parties manquantes dans le modèle numérique, puis fabriquent des pièces de remplissage sur mesure par fabrication additive. Contrairement aux restaurations traditionnelles en plâtre, ces pièces imprimées peuvent intégrer des capteurs permettant de détecter la température, l'humidité, le pH et les contraintes physiques — des facteurs susceptibles de provoquer la migration des sels, la déformation et des microfissures dans les artefacts en céramique.
Les capteurs étant intégrés à l'intérieur des pièces de réparation, plutôt que placés ailleurs dans la vitrine d'exposition, ils peuvent collecter des données spécifiques à chaque artefact. Les chercheurs ont testé cette méthode sur des artefacts de deux collections : d'une part, une amphore Günsenin IV exposée au musée archéologique de Bandırma (Bandırma Archaeology Museum) en Türkiye, remontée de l'épave de Çamaltı Burnu I ; d'autre part, un ensemble d'amphores provenant de la côte amalfitaine, conservé à la Villa Romana e Antiquarium de Minori, en Italie. Les mesures préliminaires effectuées sur les deux sites ont montré que les capteurs intégrés peuvent enregistrer les fluctuations quotidiennes de température et d'humidité, ainsi que les schémas de variation des forces détectés par les capteurs de contrainte.
Publiée dans le Journal of Cultural Heritage, cette étude se concentre sur la présentation et l'évaluation de la méthode elle-même. Les auteurs indiquent que les travaux futurs examineront son efficacité, ses applications pratiques et son rapport coût-efficacité. Cette méthode vise à fournir un processus reproductible pour l'enregistrement, la reconstruction et le suivi des céramiques archéologiques, en particulier pour les artefacts maritimes qui nécessitent souvent un traitement au cas par cas en raison de leur dégradation en milieu sous-marin.









