fr.wedoany.com Rapport : Le 13 août, les données d'exploitation publiées par EDF indiquent qu'en raison de la canicule persistante et de l'élévation de la température des cours d'eau, la capacité restreinte des réacteurs nucléaires français le 14 août devrait atteindre 9,4 GW aux heures de pointe, concernant 9 réacteurs, soit environ 15 % de la capacité nucléaire totale installée en France. Parmi eux, 6 réacteurs devraient cesser complètement la production d'électricité, tandis que les autres unités réduiront leur puissance de fonctionnement.

En cumulant les réductions de production dues à la canicule, les maintenances programmées et les pannes techniques, le système nucléaire français devrait voir 27,7 GW de capacité indisponible, la capacité nucléaire disponible tombant à son plus bas niveau depuis août 2023. Cette mesure constitue une limitation d'exploitation à court terme ; les délais précis d'arrêt et de redémarrage resteront fonction de l'évolution des températures de l'air, de la température des cours d'eau et des besoins du réseau électrique.
Dans plusieurs régions de France, les températures ont atteint 35 à 40 degrés Celsius, et la température de l'eau des sources de refroidissement des centrales nucléaires, comme le Rhône et la Garonne, ne cesse d'augmenter. Pendant leur fonctionnement, les centrales nucléaires françaises prélèvent de l'eau de rivière ou de mer pour refroidir les équipements, puis rejettent une partie de l'eau réchauffée dans l'environnement. Pour respecter les réglementations relatives à la température des rejets et à la protection écologique des cours d'eau, EDF doit réduire la puissance des unités ou les arrêter temporairement lorsque la température de l'eau atteint les valeurs limites. Ces mesures visent principalement à maîtriser l'impact sur les masses d'eau et les écosystèmes, et ne relèvent pas de défaillances de sûreté nucléaire.
Au 13 août, six réacteurs français étaient déjà à l'arrêt en raison des températures élevées et des conditions hydrologiques, dont deux unités de la centrale de Chooz, ainsi qu'une unité chacun des centrales de Cattenom, Golfech, Bugey et Saint-Alban ; deux autres unités de la centrale du Tricastin ont également réduit leur puissance.
EDF a confirmé que l'unité 3 de la centrale du Bugey a été arrêtée le 11 août à 23 h 59. Les données de surveillance indiquent que la température de l'eau du Rhône devrait atteindre 26 degrés Celsius ; conformément aux exigences du permis environnemental de la centrale, lorsque la température moyenne journalière de l'eau en aval dépasse la valeur limite, les unités doivent réduire leur charge ou être temporairement arrêtées. L'unité 2 du Bugey était simultanément en maintenance programmée.
Pour maintenir la sécurité du réseau électrique français, le gestionnaire du réseau de transport RTE a demandé aux unités 4 et 5 du Bugey de poursuivre leur fonctionnement dans des « conditions climatiques exceptionnelles », mais avec une puissance ajustée. Pendant l'exploitation, la température moyenne maximale de l'eau en aval de la centrale a été fixée à 27 degrés Celsius, et l'élévation maximale de température imputable aux unités 4 et 5 ne doit pas dépasser 1 degré Celsius. EDF a simultanément renforcé la surveillance de la température et des paramètres de qualité de l'eau du Rhône.
Dans le nord de la France, deux autres unités de la centrale de Gravelines sont indisponibles en raison de l'obstruction des installations de prise d'eau par une accumulation de méduses, un phénomène distinct des limitations liées à la température des cours d'eau dues à la canicule. Les réductions de production liées à la canicule, les maintenances programmées, les pannes d'équipements et l'indisponibilité de la centrale de Gravelines ont ensemble réduit la capacité disponible du système nucléaire français.
La baisse de la production nucléaire et éolienne a entraîné une hausse de 4,4 % du prix de l'électricité spot pour livraison le 14 août en France, atteignant 154,50 euros par mégawattheure, son plus haut niveau depuis le 23 juin. La France reste en situation d'exportation nette d'électricité, mais le volume des exportations depuis le début du mois d'août est en baisse d'environ 20 % par rapport à juillet.





















