Xinyun Li conçoit des logements pour le Bangladesh à moins de 2 500 dollars

2026-08-17 15:11
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fr.wedoany.com Rapport : L’architecte Xinyun Li propose un projet de logement pour la communauté Para Dash à Modonpur, dans les zones rurales du Bangladesh, dont le coût de construction, matériaux et main-d’œuvre compris, est inférieur à 2 500 dollars. Il ne s’agit pas d’une maison prête à vendre à ce prix, mais d’un projet non encore construit, servant d’exercice de conception pour un logement abordable et adapté au climat local.

La communauté Para Dash pratique le tissage du bambou depuis des générations. La région est chaude, soumise à de fortes pluies de mousson et à un risque d’inondation. Le projet ne repose pas sur des systèmes techniques complexes, mais s’inscrit dans les pratiques constructives traditionnelles locales, avec un système de matériaux composé d’argile, de paille, de bambou, de briques cuites localement, de céramiques artisanales et de tôles ondulées recyclées. Les briques et les tôles métalliques proviennent d’usines voisines, les murs sont montés en argile façonnée et finie à la main, la paille est liée selon les méthodes traditionnelles, et le bambou est assemblé selon les nœuds locaux.

Projet de logement au Bangladesh construit en argile, bambou et paille

Ce choix de matériaux réduit la dépendance aux matériaux importés et aux produits spécialisés, et facilite les réparations et transformations ultérieures à l’aide de ressources et de savoir-faire locaux, ce qui est particulièrement important dans les zones rurales où les systèmes de construction industrialisés peuvent être coûteux ou difficiles à entretenir. Xinyun Li a mené une étude de terrain de deux semaines dans le village, examinant les matériaux disponibles, les techniques traditionnelles de construction en argile et les méthodes de liage de la paille, et a conçu le projet en tenant compte du climat local et de l’architecture vernaculaire. Elle relie cela à la responsabilité sociale de l’architecte : « En tant qu’architectes, nous ne devrions pas seulement mieux utiliser les matériaux disponibles localement, mais aussi répondre aux besoins les plus urgents de ces communautés. »

Le refroidissement repose sur l’organisation de l’air : l’agencement des pièces guide les vents dominants pour créer une ventilation croisée, des ouvertures à différentes hauteurs permettent à l’air frais d’entrer par le bas et à l’air chaud de sortir par le haut ; une toiture à forte pente évacue rapidement les fortes pluies tout en créant un espace intérieur plus élevé, où l’air chaud s’accumule au-dessus des zones d’activité, et la cavité de ventilation sous le toit réduit également l’accumulation de chaleur au-dessus des pièces.

Intérieur ventilé conçu pour mieux résister à la chaleur

Dans la petite façade de la salle de thé, plusieurs pièces céramiques en forme de récipients sont insérées directement dans l’épais mur d’argile, devenant des ouvertures traversées par l’air. Ces éléments, inspirés de la poterie locale, sont fabriqués spécialement par la communauté voisine ; leur rétrécissement modifie le flux d’air entrant dans la salle de thé pour améliorer le confort. Cet élément artisanal, apparemment décoratif, entre ainsi dans le mécanisme de régulation climatique du bâtiment.

Petite cabane au toit de bambou

La saison des pluies au Bangladesh est longue, et certaines zones rurales sont fréquemment sujettes à des inondations saisonnières. Le projet surélève les principales zones d’habitation au-dessus du sol, les plaçant au-dessus des eaux potentielles ; la véranda surélevée sert à la fois d’espace de transition, de zone d’ombrage et de mécanisme de protection contre l’eau, formant une galerie couverte. La toiture pentue permet d’évacuer rapidement les fortes pluies.

Maison surélevée en argile avec détails en bambou et en argile

Les activités de production sont également intégrées à l’agencement : une terrasse haute jouxte les chambres des membres les plus jeunes de la famille, réservant un espace de travail pour le tissage du bambou ; côté route, une petite boutique et une salle de thé relient les activités commerciales au logement, la rue transitionnant progressivement vers les zones d’habitation privées. La maison ne concentre pas les fonctions dans un volume fermé unique, mais les organise à travers pièces, cours, vérandas, espaces de travail et zones extérieures couvertes, répondant à la coexistence du travail, de la vie sociale et de la vie familiale sur une même parcelle.

Chambre bien ventilée et éclairée par la lumière naturelle

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