L'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) a dévoilé le 17 février les détails de la construction du nouvel Hôpital Universitaire Grand Paris Nord à Saint-Ouen. Situé au cœur de la ville de Saint-Ouen, dans le département de la Seine-Saint-Denis, sur un site de près de 4 hectares, anciennement occupé par une usine PSA, l'établissement regroupera les activités médicales des hôpitaux Bichat - Claude-Bernard à Paris et Beaujon à Clichy-la-Garenne. « Le permis de construire a été délivré le 24 septembre dernier par le préfet de Seine-Saint-Denis, mais il fait l'objet d'un recours contentieux. Le sursis à exécution court jusqu'au 2 mars », a indiqué Jean-Baptiste Argenmueller, directeur général adjoint de l'AP-HP.

Ce pôle de santé comptera 986 lits et 288 places de consultation, pour une surface de plancher de 168 000 m². Le bâtiment, long de 280 mètres et large de 170 mètres au maximum, adopte un dessin compact intégrant 13 patios plantés pour garantir un éclairage naturel à toutes les chambres. La façade en bois est rythmée par des fentes verticales tous les 40 mètres. « Le bâtiment se structure en trois strates : un rez-de-chaussée transparent ouvert sur la ville, une toiture végétalisée, et entre les deux, la « machine à soigner » recouverte de grès-cérame », a expliqué Antoine Chaya, directeur de RPBW. La structure modulaire en grille de 7,20 m x 7,20 m favorise la flexibilité et l'adaptabilité. « Le bâtiment doit pouvoir « évoluer dans le temps » pour répondre aux besoins scientifiques et démographiques », a souligné l'architecte Jérôme Brunet. La conception de l'Hôpital Grand Paris Nord a intégré la gestion de situations sanitaires exceptionnelles. « Des unités conventionnelles adjacentes pourraient être pré-équipées pour étendre les capacités de réanimation, et environ 50 places de consultation pourraient être transformées en lits d'hospitalisation », a précisé Jean-Baptiste Argenmueller. Le restaurant en toiture pourrait également être converti en unité d'hospitalisation, avant de retrouver sa fonction initiale après une crise.

Antoine Chaya a insisté : « La conception d'un hôpital doit allier efficacité, fonctionnalité, flexibilité et une dimension humaine et environnementale. » La toiture accueillera un jardin de 15 000 m², équivalent en superficie aux jardins du Palais-Royal, planté de 782 arbres, chacun bénéficiant d'environ 15 m³ de terre. Outre un restaurant de 55 couverts, un centre de bien-être sera aménagé pour le personnel soignant, les patients et potentiellement ouvert aux habitants, les conditions d'accès étant en discussion avec la ville de Saint-Ouen. « Bien que le plan d'occupation des sols autorisait un étage supplémentaire, nous avons choisi d'ajouter des arbres plutôt que du béton », a déclaré Antoine Chaya. Les 1,5 hectare de toiture sont exempts d'encombrements techniques, les équipements étant dissimulés dans des niveaux locaux. Le projet inclut également une forêt urbaine de 2 500 m² le long de la rue Falco. Les travaux de fondations ont débuté sur site, confiés à Fayat Fondations et Capocci. L'ouvrage de pont, réalisé par Eiffage Métal, reliera l'hôpital au futur pôle universitaire. « C'est la première fois en France qu'un hôpital et une université sont construits simultanément », a affirmé Jean-Baptiste Argenmueller. Les offres pour l'Hôpital Grand Paris Nord à Saint-Ouen ont été reçues, le marché devrait être attribué mi-2027 pour un chantier de cinq ans, avec une ouverture prévue en 2032 et un investissement supérieur à 1,3 milliard d'euros.









