L'Agence Spatiale Européenne se concentre sur la propulsion nucléaire, la technologie des réacteurs à sels fondus pourrait devenir le « cœur » de l'exploration de l'espace lointain
2026-04-05 08:00
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fr.wedoany.com Rapport : Le rapport de l'étude du projet de propulsion nucléaire « Rocketroll » publié par l'Agence Spatiale Européenne (ESA) a officiellement mis à l'ordre du jour les propositions de vaisseaux spatiaux à propulsion nucléaire, avec une attention particulière portée au concept de réacteur à sels fondus proposé par le Centre National de la Recherche Scientifique français (CNRS).

Cette étude vise à fournir une puissance électrique stable de l'ordre de plusieurs centaines de kilowatts à plusieurs mégawatts pour les missions d'exploration de l'espace lointain — comme l'exploration des planètes externes ou les missions lunaires nécessitant de traverser de longues nuits lunaires — afin de dépasser les limites énergétiques actuelles du solaire et des combustibles chimiques. Le nom du projet « Rocketroll » est un acronyme formé à partir des initiales anglaises de « Preliminary European Nuclear Electric Propulsion Exploration for Space Applications ». Son cœur est la propulsion électrique nucléaire, c'est-à-dire l'utilisation d'un réacteur à fission nucléaire activé en orbite pour générer de l'électricité, fournissant ainsi une puissance à long terme à des systèmes de propulsion électrique efficaces.

Pour atteindre cet objectif, l'ESA a confié à trois consortiums européens la tâche de réaliser des conceptions indépendantes. Outre le concept innovant de réacteur à sels fondus proposé par le CNRS, le consortium Tractebel a proposé un concept traditionnel de réacteur solide basé sur l'uranium enrichi, tandis qu'OHB Czech Space s'est concentré sur la conception de plateformes pour grands vaisseaux spatiaux. Il est à noter que la technologie des réacteurs à sels fondus elle-même remonte aux années 1950, développée pour des avions à propulsion nucléaire. Ses caractéristiques de combustible liquide, de fonctionnement à pression atmosphérique, de haute densité de puissance et de bonnes capacités de dissipation thermique dans un environnement de microgravité en font à nouveau un candidat sérieux pour les systèmes d'énergie de l'espace lointain. Tous les concepts de conception mettent l'accent sur la sécurité, stipulant l'utilisation de combustible uranium non irradié, garantissant un état inerte avant le lancement en orbite, de sorte qu'aucune réaction nucléaire ou fuite radioactive grave ne puisse se produire même en cas d'échec du lancement. Il est également prévu de renforcer la sécurité en procédant à deux lancements séparés (transportant respectivement la charge utile et le propulseur nucléo-électrique) suivis d'un amarrage en orbite.

« Ces études montrent clairement ce qui est possible et comment cela s'inscrit dans la stratégie à long terme de l'ESA pour 2040 », a déclaré Valère Girardin, chef de projet à l'ESA. Actuellement, l'ESA a créé un groupe de travail sur la propulsion nucléaire. La prochaine étape consistera à développer et tester en laboratoire des maquettes à échelle réduite des sous-systèmes clés, tels que le réacteur, le bouclier anti-rayonnement et la conversion d'énergie, afin de faire passer ces technologies du stade de l'étude à la réalité technique. La propulsion électrique nucléaire est considérée comme la clé pour ouvrir de nouvelles voies d'exploration de l'espace lointain, et son développement bénéficie d'un soutien politique et de capacités industrielles croissants.

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