Une équipe de recherche chinoise réalise pour la première fois une évaluation quantitative probabiliste du risque d’émissions de méthane des zones humides à l’échelle mondiale
2026-05-22 14:21
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fr.wedoany.com Rapport : L’Institut de recherche sur le plateau tibétain de l’Académie chinoise des sciences, en collaboration avec une équipe de recherche internationale, a établi pour la première fois une « table de probabilité » de l’augmentation future des émissions de méthane des zones humides, réalisant ainsi une évaluation quantitative probabiliste du risque de rétroaction du méthane des zones humides à l’échelle mondiale. Les résultats de cette recherche ont été publiés récemment en ligne dans la revue scientifique internationale Nature GeoscienceGraphique illustrant les résultats de l'évaluation probabiliste des émissions de méthane des zones humides

Le méthane est le deuxième gaz à effet de serre le plus important après le dioxyde de carbone. Si l’on considère une échelle de temps de 20 ans, son effet de réchauffement est plus de 80 fois supérieur à celui du CO₂. Les zones humides constituent la plus grande source naturelle d’émissions de méthane sur Terre. Les observations de ces dernières années montrent que les émissions mondiales de méthane par les zones humides sont en augmentation, mais les prévisions des différents modèles concernant l’ampleur de cette hausse future divergent considérablement. Fournir une évaluation probabiliste fiable reste donc un défi majeur pour la recherche internationale sur le climat.

Afin de résoudre ce problème, le chercheur Zhang Zhen, le chercheur Li Xin et leurs collègues de l’Institut de recherche sur le plateau tibétain de l’Académie chinoise des sciences ont utilisé sept modèles internationaux de référence sur le méthane des zones humides, combinés aux données de mesure du réseau mondial d’observation des zones humides, pour proposer pour la première fois une méthode de contrainte émergente basée sur la « sensibilité à la température ». En termes simples, il s’agit d’« étalonner » les modèles à l’aide de données d’observation réelles, ce qui permet de faire converger fortement des prévisions futures initialement divergentes. L’étude révèle que pour chaque augmentation de 1 °C de la température moyenne terrestre mondiale, les émissions de méthane des zones humides augmentent en moyenne d’environ 24 millions de tonnes par an. Après application de la contrainte observationnelle, l’intervalle d’incertitude des prévisions d’émissions futures à l’horizon 2090 a été réduit d’environ la moitié.

« Notre plus grande avancée est d’avoir réalisé pour la première fois une évaluation quantitative probabiliste du risque de rétroaction future du méthane des zones humides », a déclaré Zhang Zhen, premier auteur de l’article. C’est un peu comme si la météo ne se contentait plus de dire s’il va pleuvoir ou non, mais donnait aussi la probabilité de précipitations, aidant ainsi les décideurs à mesurer le risque.

D’un point de vue géographique, environ 68 % des nouvelles émissions futures de méthane des zones humides proviendront des tropiques, les bassins de l’Amazone et du Congo ainsi que les zones humides d’Asie du Sud-Est devenant des points chauds. Li Xin, auteur correspondant de l’article, a indiqué qu’avec le réchauffement climatique continu, les zones humides de haute altitude comme le plateau tibétain pourraient également devenir des régions sensibles aux émissions de méthane, et que leur effet potentiel de rétroaction climatique mérite une attention particulière. Il suggère de renforcer à l’avenir la construction de réseaux d’observation à long terme dans les régions tropicales et de haute altitude, et de combiner les nouvelles générations de télédétection par satellite avec les modèles du système Terre, afin d’améliorer la capacité de surveillance et de prévision des variations du méthane des zones humides à l’échelle mondiale.

Zhang Zhen a déclaré que ce résultat quantifie pour la première fois, sous un angle probabiliste, le risque futur d’émissions de méthane par les zones humides, réduisant non seulement l’incertitude des prévisions, mais fournissant également une nouvelle base pour les politiques mondiales de réduction du méthane et la lutte contre le changement climatique.

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