fr.wedoany.com Rapport : Selon le rapport annuel « World Energy Investment » publié par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les investissements mondiaux dans le secteur de l’approvisionnement en charbon (y compris la production et les infrastructures) devraient atteindre environ 180 milliards de dollars en 2026, soit une augmentation de 4 % par rapport à 2025, un niveau record depuis 2012. La Chine représente près de 70 % des investissements mondiaux dans l’approvisionnement en charbon et constitue le principal moteur de la croissance des investissements dans ce secteur.
Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE, a déclaré que le monde traverse la crise de sécurité énergétique la plus grave jamais enregistrée, dont l’impact est comparable aux changements fondamentaux survenus dans le secteur énergétique après la crise pétrolière des années 1970. Les gouvernements et les entreprises énergétiques du monde entier remodèlent leurs stratégies d’investissement énergétique, couvrant à la fois les énergies traditionnelles et les énergies à faible émission de carbone. Le rapport indique que le total des investissements énergétiques mondiaux en 2026 devrait atteindre 3 400 milliards de dollars. Parmi ceux-ci, les investissements dans les énergies à faible émission de carbone et l’électricité s’élèvent à environ 2 200 milliards de dollars, soit 64,7 % du total ; les investissements dans les combustibles fossiles traditionnels (pétrole, gaz naturel, charbon) s’élèvent à environ 1 200 milliards de dollars, soit 35,3 %.
La Chine domine les investissements mondiaux dans le charbon, avec des investissements concentrés dans les projets de charbon-chimie (transformation du charbon en produits chimiques), l’intégration du captage du carbone (Carbon Capture, technologie qui consiste à séparer et capturer le CO₂ à la source des émissions) et l’amélioration systématique de l’efficacité de l’ensemble de la chaîne industrielle. L’Inde accélère l’expansion de sa production de charbon, de ses infrastructures de transport et de sa capacité de gazéification du charbon, avec pour objectif de produire 100 millions de tonnes de gaz de charbon d’ici 2030 grâce à des mesures d’incitation gouvernementales de 4 milliards de dollars, afin de réduire sa dépendance aux importations de produits clés tels que le GNL, l’urée, l’ammoniac et le méthanol. Michelle Manook, directrice générale de l’organisation sectorielle « FutureCoal » (anciennement Association mondiale du charbon), a déclaré que la sécurité énergétique oriente les décisions d’investissement mondiales à travers la diversité, la fiabilité et l’abordabilité. Selon une étude de cette organisation, 90 % des nouvelles capacités de production d’électricité à partir de charbon mises en service en 2026 devraient utiliser des technologies ultra-supercritiques et supercritiques, ce qui indique que les investissements dans le charbon se tournent vers des technologies avancées à haut rendement et à faibles émissions.
La Russie s’est engagée à investir 6 milliards de dollars dans la deuxième phase de sa mine de charbon d’Elga, avec une capacité supplémentaire prévue de 25 millions de tonnes par an de charbon à coke, ainsi que l’extension des installations ferroviaires et portuaires pour accroître l’approvisionnement du marché Asie-Pacifique. Les États-Unis et le Canada ont simplifié les procédures d’approbation pour l’expansion d’environ 15 mines, avec une capacité totale prévue de 34 millions de tonnes par an. Le Département américain de l’énergie s’est engagé en 2025 à investir 625 millions de dollars pour la réactivation et la modernisation des centrales électriques au charbon, afin de renforcer la fiabilité du réseau électrique. Depuis 2015, l’Asie du Sud-Est a investi environ 110 milliards de dollars dans le secteur du charbon, et la part du charbon dans le mix énergétique régional a augmenté, passant de 20 % à 30 % selon les pays.
Ce rapport de l’AIE replace le rebond des investissements mondiaux dans le charbon dans le contexte macroéconomique où la sécurité énergétique redevient une priorité stratégique pour les pays, reflétant l’impact structurel des incertitudes géopolitiques sur les flux de capitaux énergétiques mondiaux.
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