GSMA : en 2025, le secteur mobile contribue à hauteur de 1 150 milliards d'euros au PIB de l'UE
2026-06-15 16:28
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fr.wedoany.com Rapport : Selon le rapport « L'économie mobile européenne 2026 » publié par la GSM Association (GSMA), la contribution du secteur mobile à l'économie de l'UE a augmenté de 14 % en glissement annuel en 2025, atteignant 1 150 milliards d'euros, soit 6,1 % du PIB de l'UE, contre 5,5 % et 1 010 milliards d'euros en 2024.

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Le rapport indique que cette contribution provient principalement des gains de productivité, dont environ 820 milliards d'euros sont générés par les utilisateurs qui accèdent à l'information, accélèrent la communication et améliorent l'efficacité des processus via les téléphones mobiles et les applications Internet mobiles. La GSMA prévoit que d'ici 2030, la contribution de ce secteur au PIB de l'UE dépassera 1 600 milliards d'euros. La GSMA souligne que le rôle du secteur mobile va bien au-delà de la simple connectivité de base ; ce secteur fournit le socle d'une grande partie de l'écosystème numérique européen, du commerce électronique au télétravail, en passant par l'éducation en ligne, la santé numérique et même les services basés sur les données.

Patrick O'Donovan, ministre irlandais de la Culture, des Communications et des Sports, a déclaré que la connectivité numérique est essentielle au fonctionnement du monde moderne. Il a notamment souligné que les caractéristiques géographiques de l'Irlande confèrent aux opérateurs mobiles un rôle clé dans le soutien de l'économie et de la société. Ce rapport est publié alors que l'Irlande s'apprête à assumer la présidence du Conseil de l'UE au cours d'une période cruciale de débats réglementaires pour le secteur. O'Donovan a plaidé pour que la création de conditions propices à l'épanouissement de l'écosystème numérique européen soit une priorité pour les six prochains mois.

Vivek Badrinath, directeur général de la GSMA, a souligné que l'importance des technologies mobiles pour l'économie et l'emploi en Europe devient de plus en plus évidente. Chaque 16 euros générés dans l'UE comprend 1 euro lié au secteur mobile, ce qui démontre clairement que l'infrastructure de connectivité est devenue un catalyseur de la croissance européenne.

En matière d'emploi, fin 2025, le secteur mobile soutenait 2,4 millions d'emplois dans l'UE, dont 1,3 million directement issus de l'écosystème mobile et 1,1 million provenant des activités économiques des secteurs connexes. En Irlande, selon les données de la Commission de régulation des communications (ComReg) et de la Confédération irlandaise des entreprises et des employeurs (Ibec), le secteur emploie 24 000 personnes et le nombre total de connexions mobiles dans le pays dépasse les 10,5 millions. De plus, la capacité de connectivité permet à 25 % de la main-d'œuvre irlandaise de travailler à distance, ce qui est particulièrement important dans les zones moins peuplées.

Nicola Cooke, directrice de l'Association de l'industrie des télécommunications irlandaise (Telecommunications Industry Ireland), une branche de l'Ibec, a souligné que la connectivité numérique est le pilier de l'économie et de la société irlandaises. Elle a indiqué que, grâce aux investissements des secteurs public et privé dans les infrastructures mobiles et à large bande, près d'un million de personnes peuvent travailler depuis leur domicile. Cooke a également noté qu'au cours des huit dernières années, le trafic de données sur les réseaux irlandais a augmenté de 460 %, tandis que les membres de l'association ont investi 5 milliards d'euros sur la même période. Cette croissance a favorisé des avantages tels que le télétravail, l'éducation en ligne et la télémédecine, mais elle exige également de continuer à renforcer les infrastructures.

Malgré son poids économique significatif, la GSMA avertit que l'Europe reste en retard par rapport aux marchés leaders en matière de qualité de réseau et de déploiement avancé. Fin 2025, la 5G ne représentait que 43 % des connexions mobiles en Europe, bien qu'elle soit en passe de devenir la technologie dominante à un moment donné cette année. Le problème fondamental réside dans l'investissement. Depuis 2021, les opérateurs de l'UE ont investi plus de 140 milliards d'euros dans les réseaux mobiles. Cependant, une estimation de GSMA Intelligence indique que l'Europe aura besoin de 475 milliards d'euros supplémentaires d'ici 2035 pour achever sa transformation numérique, dont seulement 270 milliards d'euros devraient être disponibles, laissant un déficit de 205 milliards d'euros.

Cet écart d'investissement s'explique en partie par les conditions du marché. Les dépenses d'investissement par utilisateur en Europe s'élèvent à 35 euros, soit la moitié des 70 euros que les opérateurs des marchés leaders peuvent investir pour déployer largement la 5G autonome (5G standalone). La GSMA estime que cela reflète un environnement réglementaire peu attractif, caractérisé depuis des années par une réglementation excessive et des difficultés à réaliser des économies d'échelle. Deux débats seront particulièrement importants dans les mois à venir : la loi sur les réseaux numériques (Digital Networks Act) et la révision des directives sur les fusions. Ces deux initiatives pourraient ouvrir la voie à un cadre plus moderne, améliorant ainsi les conditions d'investissement et favorisant l'émergence d'opérateurs de plus grande taille sur ce marché européen encore très fragmenté.

Badrinath a averti que les décisions politiques prises pendant la présidence irlandaise de l'UE et tout au long de l'année 2027 détermineront dans quelle mesure l'Europe pourra renforcer le rôle des technologies mobiles dans la société moderne, et influenceront également la capacité de l'écosystème numérique européen à croître et à concurrencer les grands marchés internationaux. En Irlande, le débat s'accompagne d'autres défis réglementaires, tels que la loi sur les réseaux numériques et la loi sur la cybersécurité 2 (Cybersecurity Act 2). Cooke a déclaré que TII travaillera avec le gouvernement, les régulateurs et d'autres acteurs pour surmonter ces défis, afin que le secteur puisse continuer à investir dans des infrastructures considérées comme essentielles pour le pays.

Le rapport présente une double lecture. D'une part, le secteur mobile européen est déjà un moteur économique de premier plan, capable de créer des emplois, de la productivité et des recettes publiques, l'écosystème mobile ayant contribué à hauteur de 110 milliards d'euros d'impôts en 2025. D'autre part, sa capacité à maintenir sa croissance future dépend de la capacité de l'Europe à combler le déficit d'investissement, qui pourrait la faire reculer davantage par rapport aux marchés leaders. Avec un secteur mobile de plus de 1 000 milliards d'euros, des millions d'emplois liés à la connectivité et une économie de plus en plus dépendante des réseaux numériques, la question est désormais de savoir si le cadre réglementaire permettra de transformer cette base en un leadership technologique, ou si la région continuera à se développer en deçà de son potentiel.

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