fr.wedoany.com Rapport : Le Premier ministre et ministre des Finances de Maurice, Navin Ramgoolam, a dévoilé vendredi 19 juin les grandes lignes du budget national pour l'exercice 2026/2027, plaçant le numérique au cœur de ses priorités. Il a planifié une série de réformes et d'investissements visant à moderniser les services publics, renforcer la compétitivité économique et bâtir un écosystème favorable aux start-ups et aux technologies émergentes.

En matière de modernisation des services publics, le gouvernement prévoit d'accélérer la numérisation administrative en intégrant plus profondément l'intelligence artificielle dans les plateformes publiques existantes, notamment le Système national de licences électroniques (NELS). Ce système sera doté de chatbots multilingues et d'outils automatisés, offrant un support 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, afin de réduire les délais de traitement des licences. La plateforme DIVA (Assistant virtuel interactif numérique) sera également modernisée pour améliorer l'accessibilité des services publics numériques. Une part importante du budget est consacrée au développement des compétences numériques, notamment la formation de 8 000 enseignants du secondaire, la fourniture de solutions d'apprentissage basées sur l'IA à 12 000 étudiants, le perfectionnement des compétences de 25 000 citoyens, et la formation de 5 000 fonctionnaires à l'utilisation responsable de l'IA dans l'administration publique. Un projet baptisé « Champion de l'IA », développé en collaboration avec l'Inde, vise à promouvoir l'application de ces technologies à l'échelle nationale.
Dans le domaine de l'innovation et de la cybersécurité, le gouvernement allouera 25 millions de roupies mauriciennes (environ 523 132 dollars américains) au déploiement d'une plateforme nationale d'apprentissage de l'IA et au soutien de start-ups spécialisées, tout en publiant un guide national sur l'IA pour encadrer une utilisation éthique. En matière de cybersécurité, 13 millions de roupies mauriciennes sont prévues pour la création d'un laboratoire de criminalistique numérique, le renforcement des enquêtes numériques et la mise en place d'un système de gestion de la sécurité de l'information, ainsi que la création d'une plateforme de partage de renseignements sur les cybermenaces.
Pour stimuler l'entrepreneuriat technologique, le budget prévoit l'élaboration d'une loi sur les start-ups afin de réguler le cadre réglementaire du secteur, avec la mise en œuvre d'un programme d'accélération par le Conseil de développement économique (EDB). Les jeunes entreprises bénéficieront d'une exonération fiscale de dix ans et de mécanismes de financement, notamment des bourses d'innovation allant jusqu'à 500 000 roupies mauriciennes. Le cadre des PME sera également réformé, avec la création d'une plateforme numérique unifiée intégrant les aides publiques, le financement et les mesures de soutien. Une mesure phare est la création d'une zone économique spéciale de haute technologie de 83 arpents à Côte d'Or, visant à attirer les investissements dans l'IA, les centres de données, les services numériques et les industries innovantes. Cette zone offrira une série d'incitations, notamment la possibilité d'une détention à 100 % par des capitaux étrangers, des tarifs électriques préférentiels pour les centres de données, des allègements fiscaux et une simplification des procédures de demande de permis de travail.
L'économie numérique représente actuellement 5,7 % du PIB de Maurice, avec un taux de pénétration d'Internet de 180,5 % et un taux de pénétration de la téléphonie mobile de 173,6 %. Ce secteur a réalisé des exportations de services de 9,64 milliards de roupies mauriciennes et attiré des investissements directs étrangers de 985 millions de roupies mauriciennes.
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