Le groupe industriel français Fayat accélère ses investissements sur le marché nord-américain en déployant trois marques
2026-06-29 15:11
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fr.wedoany.com Rapport : Jean-Claude Fayat a déclaré lors d’un entretien avec Asphalt Contractor au salon CONEXPO-CON/AGG 2026 que son entreprise familiale, le groupe Fayat, accélère ses investissements sur le marché nord-américain et prend des décisions stratégiques en matière de transformation technologique, de développement durable et de déploiement de la chaîne d’approvisionnement mondiale. Avec un chiffre d’affaires annuel de 5,9 milliards d’euros et une présence dans 170 pays, le groupe possède des marques telles que BOMAG, Dynapac, Marini, LeeBoy et ADM (Asphalt Drum Mixers).

En septembre 2025, le groupe Fayat a finalisé l’acquisition de LeeBoy, fabricant de finisseurs d’enrobés commerciaux, pour environ 290 millions de dollars. Cette entreprise est basée à Lincolnton, en Caroline du Nord. Auparavant, le groupe avait déjà pris une participation majoritaire dans ADM, fabricant de centrales d’enrobage mobiles et transportables basé à Huntertown, dans l’Indiana, et avait investi 13,7 millions de dollars dans un centre de distribution de pièces détachées de 100 000 pieds carrés à Ridgeway, en Caroline du Sud. Jean-Claude Fayat a souligné que les investissements sur le marché nord-américain sont devenus un élément clé de la stratégie du groupe, visant à équilibrer les activités entre l’Europe et les États-Unis.

Concernant la transformation technologique du secteur, Jean-Claude Fayat estime que la numérisation des équipements constituera le plus grand changement de la prochaine décennie, mais que le principal défi ne réside pas dans la technologie elle-même, mais dans la compréhension des besoins du marché. Il a indiqué que le marché mondial des systèmes de contrôle des machines devrait atteindre 8,93 milliards de dollars d’ici 2030, porté par le guidage 3D des machines intégrant le GPS, la télématique et les technologies de connectivité des flottes. Entre les machines entièrement autonomes et les équipements existants, il existe plusieurs niveaux de capacités, notamment l’anticollision, le compactage intelligent, le contrôle automatique de la table et la téléopération. Selon une étude du MDPI (Multidisciplinary Digital Publishing Institute), le nombre de publications académiques liées aux engins de terrassement autonomes a été multiplié par 30 entre 2015 et 2024, reflétant l’ampleur des investissements du secteur. Bien que les fabricants puissent développer des technologies en avance, leur adoption se heurte à des résistances telles que les différences générationnelles parmi les opérateurs et les lacunes en compétences. Jean-Claude Fayat a déclaré que la pénurie d’opérateurs poussera le marché à se tourner vers les technologies d’assistance aux machines, car les solutions réduisant les barrières à l’utilisation aident à atténuer la perte de main-d’œuvre qualifiée.

En matière de développement durable, Jean-Claude Fayat a indiqué que les enjeux environnementaux sont scientifiquement incontestables et que la direction de l’évolution ne changera pas, mais que le rythme de progression pourrait être plus lent que prévu. Il a souligné qu’aux États-Unis et en Europe, il manque un réseau de fournisseurs d’engins électriques comparable à celui de la Chine, soutenu par des politiques à long terme, ce qui entraîne un faible retour sur investissement pour les équipements électriques et limite la croissance des ventes. Les marques du groupe Fayat ont déjà investi massivement dans les équipements électriques, notamment le programme Z.ERA de Dynapac (visant 50 % de produits sans fossiles d’ici 2030), les rouleaux tandem et les pilonneuses à batterie de BOMAG, ainsi que la technologie TRX de centrale d’enrobage d’Ermont (capable de traiter jusqu’à 100 % de matériaux d’enrobés recyclés). Le groupe est également un sponsor majeur du programme de décarbonation « Road Forward » de la National Asphalt Pavement Association (NAPA).

Concernant la configuration de la chaîne d’approvisionnement mondiale, Jean-Claude Fayat estime que les acteurs mondiaux doivent implanter des usines dans les trois grandes régions économiques que sont l’Amérique du Nord, l’Europe et l’Asie pour réaliser une production localisée. Il a souligné que l’époque où un seul pays dominait le marché mondial est révolue, et que les fluctuations des taux de change, les interruptions du transport maritime et l’instabilité politique accentuent les risques liés à la concentration géographique. Face aux défis d’accessibilité financière pour les entrepreneurs, il prévoit que l’environnement des prix ne se corrigera pas de lui-même et qu’attendre une baisse des prix n’est pas une stratégie efficace. Les entrepreneurs doivent faire face aux pressions externes en améliorant leur efficacité et en investissant dans des technologies alignées sur leur vision d’entreprise.

En abordant la méthode pour distinguer les tendances durables des phénomènes à court terme, Jean-Claude Fayat a insisté sur le fait que les acquisitions d’entreprises doivent correspondre à une vision stratégique, offrir un rendement raisonnable et disposer d’une équipe d’intégration efficace ; sinon, elles ne doivent pas être réalisées. Pour le développement de produits, il est nécessaire de décider des orientations d’investissement sur la base d’une vision produit de trois à cinq ans, et même en cas d’erreur possible, il faut établir un positionnement clair.

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