fr.wedoany.com Rapport : Le gouvernement vénézuélien a annoncé la création d’une commission chargée d’évaluer l’impact du séisme sur les infrastructures et les besoins de reconstruction. Ce tremblement de terre est considéré comme la pire catastrophe naturelle jamais subie par le pays.
Cette commission est dirigée par le président de l’Assemblée nationale, Jorge Rodríguez, et comprend des représentants des ministères chargés des affaires sociales, du logement, de la justice et de la paix, de la Force armée nationale bolivarienne, de l’économie et des finances, ainsi que les gouverneurs des États de La Guaira, Aragua, Miranda, Carabobo et Falcón. La présidente par intérim, Delcy Rodríguez, a déclaré dans un message sur les réseaux sociaux que la réunion avait abordé la situation des bâtiments gravement endommagés par le double séisme du 24 juin, ainsi que celle des personnes ayant perdu leur logement, tout en tentant d’évaluer l’ampleur des dégâts sur les infrastructures, notamment le réseau routier.
À ce jour, le gouvernement vénézuélien a recensé 1 450 morts et au moins 3 150 blessés. Le président de l’Assemblée nationale a qualifié ce séisme de pire catastrophe naturelle de l’histoire du pays. L’étendue totale des dégâts sur les infrastructures reste incertaine, les autorités continuant de déblayer les décombres des bâtiments et des biens effondrés.
Selon une déclaration des Nations Unies, les infrastructures du pays ont subi de graves dommages, notamment huit hôpitaux et l’aéroport international Simón Bolívar. Tous les vols ont dû être suspendus, ce qui pose d’importants défis logistiques pour l’acheminement de l’aide humanitaire.

Dans le cadre des efforts de reconstruction, la présidente par intérim a annoncé la semaine dernière le lancement d’un fonds initial de 200 millions de dollars provenant des réserves du Venezuela auprès du Fonds monétaire international (FMI), destiné à reconstruire les infrastructures et les hôpitaux, ainsi qu’à fournir des logements aux personnes ayant perdu leur foyer. Le Fonds d’urgence des Nations Unies a alloué 15 millions de dollars pour les activités d’urgence.
Plusieurs mois avant le séisme, le Venezuela avait connu un changement de gouvernement tumultueux. Début 2026, le président en exercice, Nicolás Maduro, a été capturé par les forces armées américaines, et le pays est depuis dirigé par Delcy Rodríguez par intérim. Depuis ce changement de gouvernement, le pays a mis en œuvre une série de mesures visant à attirer les investisseurs privés dans les secteurs les plus prometteurs de l’économie, tels que le pétrole, le gaz et les mines, et cherche à renforcer ses relations avec l’administration de Donald Trump aux États-Unis. Selon des médias spécialisés, avant le séisme, le gouvernement intérimaire s’apprêtait à lancer une opération de restructuration de la dette souveraine d’environ 240 milliards de dollars, considérée comme la plus grande opération de ce type jamais réalisée dans le domaine souverain.
Les experts soulignent qu’une tragédie humanitaire au sein d’un gouvernement présentant d’importants problèmes structurels accroît le risque de conflits sociaux dans le pays. André Pereira César, analyste du cabinet d’analyse politique Hold Consultoria Política, a déclaré à BNamericas qu’il existe des signes indiquant un mécontentement croissant de la population vénézuélienne face aux opérations de secours, en raison du manque de capacités institutionnelles du gouvernement pour faire face à une catastrophe d’une telle ampleur. Le Venezuela, en proie à une situation économique et politique complexe, risque une escalade des conflits sociaux dans les semaines et les mois à venir. Selon César, il est peu probable que le gouvernement vénézuélien puisse répondre de manière indépendante aux besoins d’aide et de reconstruction de l’ensemble de la population ; une collaboration multilatérale, notamment avec les États-Unis, est nécessaire. Il estime que cette catastrophe nécessite un effort de reconstruction majeur, qui aura un impact direct sur les plans américains et pourrait retarder les processus d’investissement dans des secteurs tels que le pétrole et les mines.









