fr.wedoany.com Rapport : La start-up canadienne Reflect10 a dévoilé un module photovoltaïque intégrant une structure réfléchissante interne, affirmant qu'il permet d'augmenter la production d'énergie de 20 % par rapport aux modules solaires traditionnels.
Louis Massicotte, fondateur de Reflect10, a expliqué à pv magazine que de nombreuses études académiques ont déjà été menées sur l'ajout de réflecteurs aux modules plats traditionnels. Par exemple, des rapports publiés en 2023 et 2025 montrent qu'en plaçant des miroirs réglables à côté de modules bifaciaux verticaux, on peut obtenir un gain de 11 % à 57 %. Cependant, ces systèmes nécessitent des pièces mobiles, des moteurs et occupent des terrains supplémentaires. La solution de Reflect10 ne repose pas sur des miroirs externes, mais intègre des géométries réfléchissantes directement dans l'architecture du module. Selon l'entreprise, la lumière subit plusieurs réflexions à l'intérieur de la structure avant d'être absorbée par les cellules photovoltaïques, ce qui améliore la capture des photons sans modifier les cellules elles-mêmes. L'entreprise n'a pas divulgué davantage de détails techniques.
L'entreprise affirme que cette architecture permet d'augmenter la production d'énergie quotidienne moyenne de 20 % ; en début et en fin de journée, lorsque l'irradiance est plus faible, la puissance de sortie peut être multipliée par 2,66 ; dans des conditions de lumière diffuse, comme par temps nuageux ou brumeux, la production d'énergie peut augmenter de 19 %.

Massicotte a indiqué que, dans un contexte où l'industrie est confrontée depuis longtemps à la limite de Shockley-Queisser, ce résultat représente une avancée importante et immédiatement applicable. Cette limite stipule que le rendement théorique maximal d'une cellule en silicium à jonction unique dans des conditions réelles est inférieur à 30 %, et de 33,7 % en laboratoire. Reflect10 affirme que ces performances proviennent de simulations optiques et de tests de validation de concept menés sur le terrain au Québec et au Maroc, sur une période de neuf mois (de la fin de l'été 2025 à mai 2026).
L'entreprise prévoit de présenter officiellement cette technologie lors d'une conférence de presse à Paris le 7 juillet. Trois demandes de brevet au titre du Traité de coopération en matière de brevets (PCT) ont déjà été déposées, dont l'une aurait reçu un avis écrit favorable après une recherche internationale, couvrant l'ensemble des 18 revendications. Reflect10 indique également que les simulations réalisées par l'Institut national d'optique du Canada (INO/Luqia) ont été vérifiées par l'Institut photovoltaïque d'Île-de-France (IPVF), qui a émis un avis scientifique soutenant les résultats numériques fournis par l'entreprise. Dans cet avis, Pere Roca i Cabarrocas, directeur de recherche à l'IPVF, écrit qu'en augmentant la production d'électricité en début et en fin de journée, cette technologie permet de mieux s'adapter aux pics de consommation, tout en réduisant la concentration de la production autour du pic solaire de midi.
Le document précise que cette technologie repose sur les principes de l'optique géométrique, conformément à la loi de Snell. L'avis estime également qu'en réalisant des gains de performance au niveau de la structure du module plutôt qu'au niveau de la cellule solaire elle-même, cette approche se distingue nettement du rythme d'amélioration habituel de l'industrie, et que cette méthode semble adaptable à différentes tailles de modules et configurations d'installation. Reflect10 a déclaré qu'elle n'a pas l'intention de fabriquer elle-même des modules solaires, mais qu'elle a lancé le 30 juin un processus de licence par appel d'offres scellé, offrant 50 licences de propriété intellectuelle non exclusives aux fabricants de modules, aux fonds souverains et aux fonds d'investissement. Le montant minimum de l'offre n'a pas encore été divulgué. Massicotte a indiqué que cette technologie, en augmentant la capture des photons grâce à la réflexion dans une chambre miroir, permet d'obtenir un gain de production significatif sans agrandir les fermes solaires, simplement en remplaçant les panneaux. Il estime que cette conception est particulièrement adaptée à la modernisation des centrales solaires existantes. L'entreprise prévoit également de développer des versions de photovoltaïque intégré au bâti (BIPV) pour les applications sur toits, façades et clôtures solaires.









