fr.wedoany.com Rapport : Le plan national pour le haut débit (National Broadband Plan, NBP) de l’Irlande, d’un coût de 2,7 milliards d’euros (environ 3,1 milliards de dollars), transforme considérablement la connectivité en zone rurale. L’analyse d’Ookla confirme que cet investissement soutenu par l’État a effectivement amélioré les vitesses de haut débit et réduit la fracture numérique dans le pays.

Depuis le lancement du projet en novembre 2019, National Broadband Ireland (NBI) a couvert plus de 490 000 sites, soit 87 % de son objectif de déploiement de 566 000 foyers et entreprises. Ce réseau optique exclusivement destiné aux services de gros couvre désormais l’ensemble de la zone planifiée, devenant l’un des plus grands projets d’investissement en infrastructures de haut débit rural en Europe.
La vitesse de téléchargement dans les zones d’intervention est passée de 11,60 Mbps en 2019 à 156,99 Mbps à la mi-2026, soit une multiplication par 13,5. La vitesse de téléchargement montant est passée de 4,67 Mbps à 49,48 Mbps. La technologie fibre XGS-PON, capable de fournir des services de haut débit à 10 Gbps, est la clé de cette amélioration.
Ce projet de haut débit est soutenu par des subventions publiques, plafonnées à 2,7 milliards d’euros, comprenant 2,1 milliards d’euros d’investissement de base, 500 millions d’euros de fonds d’urgence et 100 millions d’euros alloués à la TVA. Le déploiement de la fibre dans les zones rurales peu peuplées d’Irlande nécessite la construction de plus de 100 000 kilomètres d’infrastructures optiques, desservant moins de 6 sites par kilomètre. Les autorités estiment la subvention publique par site entre 3 569 et 3 946 euros, avec un plafond de subvention atteignant près de 4 800 euros par connexion.
Contrairement à de nombreux déploiements européens basés sur l’ancienne technologie GPON, le réseau irlandais utilise la technologie Nokia XGS-PON, permettant des services à 10 Gbps. Les fournisseurs de détail ont initialement proposé des offres à 500 Mbps, puis des services à 2 Gbps en janvier 2022, et des produits à 5 Gbps sont désormais disponibles sur le marché.
L’analyse révèle que, dès que la fibre est disponible, les performances du haut débit changent presque immédiatement. Pendant près de deux ans avant l’activation du service, la vitesse de téléchargement restait autour de 27 Mbps ; dans les 12 mois suivant le déploiement, la vitesse dépassait 150 Mbps, soit une multiplication par 5,7. Le suivi des mêmes foyers avant et après la connexion montre une amélioration des performances du haut débit par 10,3. À la mi-2026, la vitesse de téléchargement atteignait 156,99 Mbps, et la vitesse de téléchargement montant 49,48 Mbps. La proportion de foyers avec une vitesse inférieure à 30 Mbps est passée de 84 % à 14 %, 62 % des connexions dépassant 100 Mbps, et environ 25 % atteignant plus de 300 Mbps.
L’écart de haut débit entre zones urbaines et rurales en Irlande s’est également considérablement réduit. En 2019, la vitesse de téléchargement en ville était 4,8 fois supérieure à celle en zone rurale, mais en 2026, cet écart est tombé à seulement 1,6 fois. La vitesse de téléchargement montant en zone rurale dépasse désormais légèrement les performances du haut débit urbain, reflétant les avantages des infrastructures optiques modernes. NBI indique que le taux d’adoption moyen des clients dans les zones achevées est d’environ 37 %, dépassant 60 % dans les zones où la fibre est disponible depuis le plus longtemps.
L’étude souligne également le rôle important du matériel de haut débit dans la détermination de l’expérience client. Au deuxième trimestre 2026, environ 70 % des équipements installés chez Digiweb avaient été mis à niveau vers le Wi-Fi 6 ou une version ultérieure, tandis que Vodafone atteignait un taux d’adoption de 40 %. Sur la même période, Eir dépassait le seuil des 50 %, tandis que Sky comptait encore 73 % de ses clients utilisant d’anciens équipements Wi-Fi 5, limitant les vitesses réalisables à domicile malgré une infrastructure optique identique.
L’étude montre également l’impact du déploiement de la fibre sur la demande de haut débit par satellite. Dans les zones rurales attendant encore la fibre, à la mi-2026, Starlink représentait 14,3 % des équipements de test de haut débit fixe. Cependant, dans les communautés connectées au réseau fibre de NBI depuis 2021 et 2022, la part de Starlink est restée inférieure à 2 % sur cinq ans, indiquant qu’une fois la fibre haut débit disponible, la demande de haut débit par satellite disparaît pratiquement.
En ce qui concerne les performances des opérateurs, Digiweb est en tête en matière de modernisation du Wi-Fi, avec 70 % de sa clientèle utilisant des routeurs Wi-Fi 6 ou plus récents au deuxième trimestre 2026, atteignant un taux d’adoption de 50 % environ un an avant ses grands concurrents. Eir a dépassé les 50 % d’adoption du Wi-Fi 6 au deuxième trimestre 2026. Vodafone a maintenu un taux d’adoption du Wi-Fi 6 d’environ 11 % entre 2022 et 2024, avant d’atteindre 40 % au deuxième trimestre 2026. Sky est en retard dans la mise à niveau des équipements clients, avec 73 % des appareils installés encore dépendants de routeurs Wi-Fi 5 au deuxième trimestre 2026. Le rapport note également que Sky a historiquement routé une partie de son trafic via le Royaume-Uni, entraînant une latence d’application plus élevée et des problèmes occasionnels de géolocalisation IP. Tous les opérateurs fournissent leurs services via la même infrastructure Nokia XGS-PON à 10 Gbps offerte par National Broadband Ireland, mais l’expérience client dépend de plus en plus des mises à niveau de routeurs, de la technologie Wi-Fi domestique et de la conception du réseau central de chaque fournisseur de détail.









