fr.wedoany.com Rapport : Le ministre ghanéen de la Communication, des Technologies numériques et de l’Innovation, Samuel Nartey George, a déclaré que la technologie n’est plus un secteur indépendant, mais un élément essentiel soutenant des domaines tels que l’agriculture, la santé, l’éducation, la sécurité et le développement économique. Le Ghana accélère sa transformation numérique, avec pour priorité la révision des lois technologiques obsolètes, afin de promouvoir l’innovation tout en protégeant les intérêts légitimes des citoyens et des entreprises. L’objectif du ministre George est de faire passer le Ghana du statut de consommateur de technologies à celui d’innovateur capable de proposer des solutions aux problèmes africains.
En ce qui concerne la coordination des politiques numériques en Afrique, le ministre George a souligné que des cadres tels que la Stratégie de transformation numérique de l’Union africaine (AU Digital Transformation Strategy) et la Convention de Malabo constituent des références importantes pour la législation nationale. Le Ghana ne doit pas copier intégralement ces cadres, mais les adopter de manière sélective, en reflétant ses priorités nationales tout en progressant vers une cohérence des politiques numériques sur le continent. Parmi les projets concrets en cours au Ghana figure la construction d’un centre de calcul d’intelligence artificielle d’un coût de 250 millions de dollars, destiné à servir les innovateurs de tout le continent africain. Parallèlement, le Ghana développe des modèles de langage de grande taille en yoruba, haoussa, swahili, créole et dans les langues locales ghanéennes. Le ministre George a insisté sur le fait que les pays africains doivent cesser de construire uniquement pour leurs marchés nationaux : les 33 millions d’habitants du Ghana sont un point de départ, non un plafond, et les solutions développées doivent couvrir l’ensemble du continent, y compris la région ouest-africaine d’environ 450 millions de personnes.
Concernant l’impact de l’intelligence artificielle sur l’emploi, le ministre George estime qu’il dépend en fin de compte de la manière dont chaque pays prépare efficacement sa main-d’œuvre. Grâce à des initiatives telles que « DIGSMART » et le « Programme du million de codeurs (One Million Coders programme) », le Ghana investit dans la formation aux compétences en intelligence artificielle, cybersécurité, cloud computing et numérique. Le ministre George a cité une étude selon laquelle, entre 2025 et 2030, l’intelligence artificielle pourrait entraîner la disparition de 96 millions d’emplois, tout en créant environ 132 millions de nouveaux emplois, soit un impact net positif. Il a déclaré que l’essentiel est de préparer les personnes touchées par le chômage à saisir ces nouveaux emplois, convaincu que les solutions aux problèmes africains se trouvent à Accra, Nairobi et Lusaka.
La souveraineté des données a également été un point central des discussions. Le ministre George estime que l’Afrique possède l’une des ressources numériques les plus précieuses mais encore sous-exploitées au monde : ses données. Alors que la demande mondiale de systèmes d’intelligence artificielle pour des ensembles de données diversifiés augmente, les pays africains ont l’opportunité de créer de la valeur en organisant, numérisant et gérant leurs propres actifs informationnels. Il a indiqué que la priorité est de garantir que les données africaines restent sous contrôle africain et que la valeur soit réinjectée dans les économies africaines.
Dans le domaine du commerce numérique, le ministre George a souligné que la Zone de libre-échange continentale africaine (African Continental Free Trade Area) et les cadres numériques de l’Union africaine constituent des bases importantes pour renforcer l’interopérabilité entre les marchés africains. Cependant, la mise en œuvre reste le maillon manquant. Les entreprises technologiques africaines sont confrontées à des exigences de licence et des processus réglementaires redondants lorsqu’elles entrent sur de nouveaux marchés ; des cadres harmonisés et des mécanismes de reconnaissance mutuelle pourraient réduire considérablement ces obstacles.
En regardant vers l’avenir, le ministre George estime que les priorités de l’Afrique devraient se concentrer sur la préparation à l’intelligence artificielle, les compétences numériques et l’inclusion. Il a déclaré que l’Afrique ne manque ni de stratégies ni de cadres ; ce qui est désormais nécessaire, c’est la capacité d’action pour transformer les aspirations communes en résultats concrets.









