Un nouveau champ gazier à Trinité-et-Tobago, dont la production débutera en 2027, pourrait aider Methanex à redémarrer son unité de méthanol à l’arrêt
2026-07-03 09:04
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fr.wedoany.com Rapport : Plusieurs nouveaux champs gaziers qui entreront en production en 2027 devraient fournir suffisamment de gaz naturel à l’industrie du méthanol de Trinité-et-Tobago, créant ainsi les conditions pour le redémarrage des unités de méthanol actuellement à l’arrêt dans le pays.

Methanex avait précédemment annoncé la mise sous cocon de son usine Titan, d’une capacité de 860 000 tonnes par an, dont le contrat gazier expire au troisième trimestre. Dans un communiqué, la société a indiqué qu’elle procéderait à la mise en conservation de l’usine Titan afin de préserver l’option d’un redémarrage lorsque les conditions s’amélioreront significativement, et qu’elle suivrait de près l’évolution de la situation pour réévaluer et repositionner ses activités dans les années à venir.

Rich Sumner, PDG de Methanex, a souligné que le déséquilibre structurel entre l’offre et la demande de gaz à Trinité-et-Tobago rendait l’exploitation commercialement non viable. Cependant, l’arrivée de nouveaux champs gaziers pourrait changer la donne. Outre l’usine Titan, l’unité de méthanol Atlas, détenue à 63,1 % par Methanex, est également à l’arrêt.

Shell et bp devraient lancer la production de quatre nouveaux champs gaziers en 2027. Parmi eux, le champ Mento, opéré par bp, aura un pic de production de 250 000 barils équivalent pétrole par jour, et le champ Ginger de 62 000 barils équivalent pétrole par jour. Côté Shell, le champ Manatee atteindra un pic de 104 000 barils équivalent pétrole par jour, et le champ Aphrodite de 18 400 barils équivalent pétrole par jour.

La mise en production des nouveaux champs gaziers n’entraînera pas automatiquement le redémarrage des unités de méthanol. La production de gaz mettra du temps à atteindre un niveau suffisant pour alimenter à la fois les installations de gaz naturel liquéfié (GNL) et les unités de méthanol à l’arrêt. Si les prix du combustible restent rentables et que le marché du méthanol continue d’être en surcapacité, les installations de GNL pourraient être approvisionnées en priorité.

Josh Dillingham, directeur des produits aromatiques et intermédiaires chimiques chez ICIS, a indiqué que les unités de méthanol de Trinité-et-Tobago luttent depuis des années contre une offre de gaz en diminution. Selon les données de l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA), la production de gaz sec de l’île a chuté de près de 70 % en 2024 par rapport au pic récent de 1 510 milliards de pieds cubes atteint en 2013. La guerre en Iran a intensifié la concurrence pour l’approvisionnement limité en gaz, le conflit ayant fait grimper les prix du GNL, offrant ainsi au producteur national, la National Gas Co, une voie d’exportation rentable. Parallèlement, selon les prévisions d’ICIS, le marché mondial du méthanol pourrait rester en surcapacité pour le reste de cette décennie.

Face à cette situation, Methanex a deux options : payer un prix élevé pour le gaz et vendre du méthanol sur un marché en surcapacité, ou mettre sous cocon ses installations à Trinité-et-Tobago et maximiser sa production dans ses usines en Amérique du Nord, où les prix du gaz naturel sont bien inférieurs aux niveaux internationaux. En mettant sous cocon l’usine Titan, Methanex peut augmenter le taux d’utilisation de ses installations les plus rentables tout en conservant la possibilité d’un redémarrage futur.

Il est peu probable que l’entreprise mette sous cocon d’autres installations chimiques à Trinité-et-Tobago. La National Gas Co a déjà signé de nouveaux contrats de vente avec Methanol Holdings (Trinidad) Limited (MHTL), ainsi qu’avec les producteurs d’ammoniac Proman Group, Trinidad Nitrogen Company Limited (TRINGEN) et Point Lisas Nitrogen Limited (PLNL). Bien que Nutrien ait procédé à un arrêt contrôlé de son usine d’ammoniac en octobre 2025, cela était dû à des restrictions d’accès portuaire. Mark Milam, rédacteur principal spécialisé dans les engrais chez ICIS, a indiqué que les autres producteurs d’ammoniac de Trinité-et-Tobago ont reçu suffisamment de gaz pour faire fonctionner leurs installations à des taux d’utilisation favorables.

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