Le ministère russe du Développement numérique prévoit d’obtenir 20 fonctions de régulation de l’IA, couvrant 28 000 entreprises
2026-07-06 09:28
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fr.wedoany.com Rapport : Le gouvernement russe a publié un projet de résolution visant à conférer au ministère du Développement numérique, des Communications et des Médias de masse (Минцифры) les compétences d’un organisme de régulation unifié dans le domaine de l’intelligence artificielle. Ce projet modifie les dispositions de 2008 relatives à ce ministère et devrait entrer en vigueur le 1er septembre 2026. S’il est adopté, environ 28 000 entreprises IT à travers la Russie seront soumises à cette régulation.

Selon le projet, le ministère du Développement numérique se verra attribuer 20 nouvelles fonctions, notamment : élaborer la politique nationale et les cadres juridiques dans le domaine de l’IA ; rédiger des lois spécifiques et leurs règlements d’application ; coordonner les documents normatifs des autres ministères concernant l’IA ; définir les mesures de soutien aux développeurs, telles que les avantages fiscaux et les subventions ; réguler l’accès aux données gouvernementales nécessaires à l’entraînement des modèles d’IA ; participer à la formation des talents et à l’élaboration des normes éducatives ; assurer la mise à disposition des technologies d’IA aux utilisateurs via la plateforme « ГосТех » (Technologie d’État) ; et promouvoir la coopération internationale dans le domaine de l’IA.

Au sein du ministère du Développement numérique, un nouveau département dédié à l’IA sera créé, chargé de déployer des solutions de réseaux neuronaux dans le secteur public, tandis que le département existant continuera à se concentrer sur l’optimisation des réseaux neuronaux eux-mêmes. Auparavant, la majeure partie du travail lié à l’IA était assurée par le ministère du Développement économique (Минэкономразвития), mais cette responsabilité a été transférée au ministère du Développement numérique il y a quelques mois.

En ce qui concerne les coûts et l’impact de la régulation, jusqu’à près de 28 000 entreprises pourraient être concernées, y compris les personnes morales et les travailleurs indépendants (à l’exception des micro-entreprises) actifs dans le développement de logiciels et les technologies de l’information. Les auteurs du projet estiment que les coûts supportés par les entreprises au cours des six prochaines années pourraient se situer entre 300 millions et 3 milliards de roubles, mais le document précise que cette évaluation est hypothétique. Cette résolution n’est qu’un cadre et n’introduit pas d’exigences contraignantes spécifiques ; elle identifie simplement le ministère responsable de cette orientation au sein du gouvernement.

La création d’un organisme de régulation unifié s’inscrit dans un processus plus large engagé par le gouvernement depuis début 2026. En mars de cette année, le ministère russe du Développement numérique a soumis un projet de loi-cadre sur les bases de la régulation nationale de l’IA, définissant pour la première fois au niveau juridique le concept d’IA et introduisant les classifications de « modèle souverain », « modèle d’État » et « modèle de confiance ». Au cours de l’élaboration du projet, des discussions ont eu lieu sur le marquage des contenus nuisibles, la certification obligatoire des modèles et les trois classifications des modèles d’IA. En juin de cette année, le contenu du document a été réduit de 21 à 13 articles, et les dispositions sur le marquage obligatoire des contenus ainsi que les restrictions sur les technologies étrangères ont été supprimées.

L’émergence d’un organisme de régulation unifié pourrait simplifier les processus pour les développeurs, leur évitant de devoir coordonner avec plusieurs ministères et leur offrant un guichet unique. Cependant, des inquiétudes subsistent quant au fait qu’une régulation trop stricte pourrait entraver le développement du secteur. Par ailleurs, selon un rapport du quotidien russe RBC (РБК) en mai de cette année, le ministère russe du Développement numérique est en cours de restructuration, prévoyant une réduction de 15 % de ses effectifs et le transfert officiel de certaines compétences au Service fédéral de sécurité (ФСБ). La centralisation des pouvoirs de régulation de l’IA s’effectue dans le cadre d’une redistribution des pouvoirs entre les services de sécurité et le ministère du Numérique.

Ce projet de résolution est actuellement en phase de discussion publique. D’ici le 1er septembre, le marché aura le temps de réfléchir à ses implications potentielles.

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