fr.wedoany.com Rapport : Le nouveau gouvernement péruvien, qui doit prendre ses fonctions le 28 juillet, est confronté au défi central de définir ses priorités pour relancer les investissements publics et améliorer la capacité d'exécution des grands projets d'infrastructure. Carla Gaviño, experte en gestion publique et en infrastructures, a indiqué dans un entretien avec BNamericas que le déficit d'infrastructures du pays est estimé à 110 milliards de dollars, principalement dans les domaines de l'eau potable, des transports, de l'éducation, de la santé et des routes. Parallèlement, environ 2 241 projets sont à l'arrêt, représentant une valeur d'ingénierie enregistrée de 73 milliards de soles, soit environ 18,25 milliards de dollars.
Mme Gaviño a déclaré que les projets à l'arrêt sont un phénomène courant, touchant tous les types de travaux aux trois niveaux de gouvernement. Au niveau municipal, de nombreux projets d'eau potable et de routes de district et provinciales sont bloqués ; la situation est similaire au niveau régional ; au niveau national, même les grands projets mis en œuvre par le biais de contrats intergouvernementaux sont à l'arrêt. La cause profonde réside dans de multiples facteurs structurels : des procédures d'autorisation complexes, la politisation de l'ordre de priorité des projets, des études de préfaisabilité et des documents techniques défectueux, des travaux supplémentaires et des révisions fréquents en cours d'exécution, des difficultés de régularisation foncière et juridique, ainsi que des obstacles liés aux évaluations environnementales et à la gestion du patrimoine culturel. Mme Gaviño a décrit l'achèvement d'un projet comme un véritable puzzle.
La corruption est un autre facteur déterminant. Le Bureau du Contrôleur général estime que les pertes annuelles dues à la corruption ou à l'inconduite professionnelle s'élèvent à environ 24 milliards de soles, principalement dans le domaine des travaux publics. Lors des transitions entre administrations à tous les niveaux, il est fréquent que les fonctionnaires sortants lancent des projets à faible impact ou populistes, qui permettent de dépenser rapidement des fonds sans créer de valeur sociale.
Concernant le Plan national d'infrastructures, Mme Gaviño a expliqué qu'il a été lancé en 2019, mis à jour en 2022, et que sa troisième version a été publiée en mars 2026, comprenant 72 projets avec un portefeuille d'investissement estimé à 146 milliards de soles, axé sur les transports, les hydrocarbures, l'eau et l'assainissement. Cependant, il n'est pas clair si le nouveau gouvernement adoptera ou mettra à jour ce plan. Par ailleurs, l'Autorité nationale des infrastructures (ANIN) est chargée de gérer les grands projets liés à la prévention et à l'atténuation des catastrophes naturelles. Ce programme a repris un ensemble de projets de prévention des catastrophes, mais les autorités ont indiqué que, même avec un budget alloué, les travaux ne pourraient être achevés avant 2030, ce qui suscite des doutes sur sa capacité de gestion. L'agence ProInversión, qui promeut traditionnellement les grands projets de partenariat public-privé, s'est vu attribuer un rôle accru en raison des dernières révisions législatives. Le nouveau gouvernement devra décider si le Pérou a besoin de conserver à la fois l'ANIN et ProInversión, et clarifier leurs fonctions respectives.
Mme Gaviño estime que si le nouveau gouvernement parvient à former un cabinet très technique, cela contribuera à attirer davantage d'investissements privés. Le nouveau gouvernement devra faire face à la crise sanitaire provoquée par le phénomène El Niño, aux problèmes affectant les exportations agricoles et la pêche, et offrir une sécurité juridique en matière de réglementation, de processus et de contrats, afin d'améliorer la gestion publique et d'attirer les investisseurs vers les projets promus par ProInversión.










