fr.wedoany.com Rapport : La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) a annoncé jeudi 9 juillet un financement de 270 millions d’euros (environ 308,7 millions de dollars) en faveur de Yas, un opérateur panafricain de télécommunications contrôlé par le groupe AXIAN Telecom. Cette opération vise à accélérer ses investissements dans les réseaux mobiles et les infrastructures de fibre optique au Sénégal et au Kenya.

Selon un communiqué de la BERD, ce financement comprend un premier volet ferme de 170 millions d’euros, dédié au plan d’investissement de Yas au Sénégal et au Kenya. Au Sénégal, les fonds serviront à étendre les réseaux mobiles 4G et 5G, à renforcer les infrastructures existantes et à accélérer le déploiement de la fibre optique. Au Kenya, ils seront utilisés pour moderniser le réseau de fibre optique de l’opérateur Wananchi, acquis en 2025.
La banque prévoit également une facilité de financement supplémentaire de 100 millions d’euros, que Yas pourra utiliser pour de futures acquisitions et de nouveaux investissements dans d’autres pays d’Afrique subsaharienne où elle opère. La BERD indique que cet investissement devrait renforcer la concurrence dans le secteur des télécommunications au Sénégal et au Kenya, en soutenant la croissance des principaux opérateurs locaux et en améliorant l’accès à des services numériques fiables et abordables.
Cette opération constitue une première à plusieurs égards pour la BERD : il s’agit de son premier investissement au Sénégal, de sa première transaction en monnaie locale en Afrique subsaharienne, et du premier prêt dans la région structuré selon un mécanisme de prêt A/B, visant à attirer des investisseurs institutionnels pour co-investir avec la banque.
Cet investissement intervient alors que le Sénégal et le Kenya renforcent leurs stratégies de transformation numérique et cherchent à accélérer la couverture haut débit. À Dakar, le gouvernement s’appuie sur le « Nouveau pacte technologique » pour faire du numérique un moteur de croissance d’ici 2034, avec un budget de 1 105 milliards de francs CFA (environ 1,9 milliard de dollars), visant à porter la contribution de l’économie numérique au PIB à 15 %. Actuellement, le pays compte encore environ 540 « zones blanches » (sans couverture réseau), plus de 700 localités ne disposant que du réseau 2G, et près de 7 millions de personnes sont touchées par la fracture numérique. Le Kenya, quant à lui, est considéré comme l’un des marchés numériques les plus avancés d’Afrique, grâce au développement de la monnaie mobile et des services numériques. Avec le programme « Autoroutes numériques » (budget d’environ 600 millions de dollars), le pays prévoit de déployer plus de 100 000 km de fibre optique, de créer 25 000 points d’accès Wi-Fi publics et d’accélérer la numérisation des services publics.
Ce financement reflète également l’évolution des besoins de financement des opérateurs de télécommunications africains. Face à la croissance de l’utilisation du numérique, de la consommation de données et des services financiers mobiles, les investissements dans les réseaux 4G, 5G et la fibre optique sont devenus indispensables, mais nécessitent des financements à long terme, souvent difficiles à obtenir sur les marchés locaux. Pour Yas, ce financement est le plus important jamais obtenu dans l’histoire du groupe. Hassan Jaber, directeur général de Yas, a déclaré que près d’une personne sur dix en Afrique vit encore sans couverture de réseau mobile, et que combler cet écart est essentiel pour la croissance de Yas et au cœur de cet accord.
Yas opère sur 11 marchés en Afrique et dans l’océan Indien, avec des activités couvrant les services mobiles et fixes, les infrastructures numériques (tours de télécommunications, réseaux de fibre optique et centres de données) et les services financiers numériques. Ce dernier segment, en pleine croissance, soutient de plus en plus les investissements des opérateurs africains.






