fr.wedoany.com Rapport : L’opérateur de télécommunications sud-africain Telkom a annoncé à Genève qu’il allait investir 1 milliard de rands (environ 6,1 millions de dollars) pour créer le Telkom AI Institute, une plateforme nationale dédiée à la formation aux compétences en intelligence artificielle. Cette annonce a été faite lors du Sommet mondial sur la société de l’information (Forum WSIS 2026) organisé par l’Union internationale des télécommunications (UIT), dans le cadre de l’alliance Partner2Connect, dont les engagements mondiaux en matière de connectivité numérique ont dépassé les 82 milliards de dollars.

L’académie ciblera en priorité les jeunes, les petites et moyennes entreprises, ainsi que les communautés insuffisamment intégrées à l’économie numérique sud-africaine. La formation mettra l’accent sur des compétences directement applicables dans des secteurs clés tels que l’éducation, l’agriculture, les mines et les transports. Serame Taukobong, directeur général du groupe Telkom, a déclaré : « Une connexion sans compétences ne permet à l’Afrique du Sud de parcourir que la moitié du chemin. Depuis des années, nous construisons les réseaux qui connectent ce pays. Le Telkom AI Institute est notre engagement à transformer cette connectivité en compétences, en emplois et en opportunités, en commençant par les Sud-Africains qui en bénéficieront le plus, mais qui en ont eu le moins jusqu’à présent. »
Cet investissement s’inscrit dans une tendance plus large des opérateurs de télécommunications africains, qui ne se contentent plus de déployer des réseaux, mais investissent dans les fondations de l’intelligence artificielle sur le continent. En octobre 2025, lors du Mobile World Congress de Kigali, six opérateurs africains (Airtel, MTN, Orange, Vodacom, Axian Telecom et Ethio Telecom) ont lancé l’alliance G6, visant à développer des modèles linguistiques basés sur l’IA et entraînés pour les langues africaines. En avril 2026, MTN a participé au financement de 45 millions de dollars d’Oran Development Corporation (ODC), une start-up développant des solutions d’IA spécialement adaptées aux contraintes africaines pour les réseaux.
Selon le rapport « Économie mobile en Afrique 2026 » de la GSM Association (GSMA), en 2026, l’IA est passée d’une simple ambition stratégique à une réalité opérationnelle pour les opérateurs africains, qui prévoient d’investir 76 milliards de dollars entre 2025 et 2030. Le continent compte plus de 2 000 langues, mais celles-ci sont gravement sous-représentées dans les grands modèles linguistiques, une lacune qui pourrait engendrer une nouvelle forme d’exclusion numérique. M. Taukobong a appelé les opérateurs africains à participer activement à l’élaboration des normes et des cadres de gouvernance mondiaux en matière d’IA. Dans son rapport sur l’IA de 2025, la Banque africaine de développement place le développement des compétences au même niveau que l’accès aux données et la puissance de calcul. Quant à l’Union internationale des télécommunications, elle estime qu’il faudra investir entre 2 600 et 2 800 milliards de dollars à l’échelle mondiale pour parvenir à une connectivité universelle d’ici 2030.






