fr.wedoany.com Rapport : La société canadienne de technologie solaire Reflect10 a développé une innovation géométrique de surface pour panneaux solaires, baptisée « Reflectricity » (anti-électricité), qui améliore l’efficacité de production d’électricité en modifiant la géométrie de la surface des panneaux. Les détails complets de cette technologie n’ont pas encore été divulgués, mais elle a été testée pendant neuf mois sur deux continents.
Selon Reflect10, cette technologie repose sur des angles spécifiques directement usinés sur la surface des modules, créant des réflexions internes dans une cavité optique. L’objectif est d’utiliser ces réflexions pour augmenter la probabilité d’absorption de chaque photon, générant ainsi plus d’électricité que les panneaux plats traditionnels. Reflect10 souligne que cette technologie est compatible avec toutes les technologies de cellules existantes, y compris PERC, TOPCon, HJT et BC, et que son gain s’améliore à chaque avancée future des technologies de cellules.
Cette technologie devrait également s’appliquer au domaine du photovoltaïque intégré au bâtiment (BIPV), notamment pour les façades, les toits et les clôtures, ouvrant la voie à l’autosuffisance énergétique des bâtiments et à la production décentralisée. Louis Massicotte, fondateur et président de Reflect10, a déclaré qu’il suffit de calculer le facteur multiplicateur de 2,66 pour constater les progrès apportés par la géométrie amplifiée de l’anti-électricité, et que l’entreprise a trouvé un moyen d’atteindre une sortie proche du triple pendant les périodes clés.
Reflect10 indique que la géométrie finale de la surface des panneaux est en phase d’optimisation et devrait être dévoilée plus tard cette année. La technologie a fait l’objet de trois demandes de brevet PCT, dont une a reçu un avis favorable pour l’ensemble de ses 18 revendications après examen du rapport de recherche internationale.
Les analyses de l’Institut national d’optique du Canada (aujourd’hui LUQIA) et de l’Institut photovoltaïque d’Île-de-France (IPVF) montrent que les résultats de modélisation indiquent un rapport de puissance lumineuse collectée d’environ 1,20 en lumière directe et d’environ 1,19 en lumière diffuse sur une journée complète. Par rapport à des panneaux de même superficie, les gains journaliers moyens sont respectivement d’environ +20 % et +19 %. Pendant les périodes de faible angle solaire, c’est-à-dire tôt le matin et en fin d’après-midi, le facteur multiplicateur peut atteindre 2,66. Ces périodes coïncident avec des pics de demande en électricité, où la demande peut dépasser la production solaire normale.
Reflect10 rapporte que les activités de validation de concept ont été menées près de la station de ski du Mont-Blanc, dans les Laurentides au Québec (environ 47° N), et près de Meknès au Maroc (environ 33° N), de la fin de l’été 2025 à mai 2026, soit neuf mois. Ces activités montrent que, dans toutes les conditions d’irradiation testées, les tendances de production sont systématiquement supérieures à celles des panneaux plats, conformément aux prévisions de simulation modélisées par l’INO et validées par l’IPVF.
Reflect10 positionne l’anti-électricité comme une technologie de mise à niveau structurelle. Dans un communiqué, l’entreprise donne l’exemple suivant : si toutes les centrales solaires mondiales adoptaient cette technologie, le gain de +20 % sur la capacité installée de 3 TW en mars 2026 équivaudrait à débloquer 600 GW de capacité propre supplémentaire. L’entreprise ne prévoit pas de produire elle-même des panneaux anti-électricité, mais plutôt de vendre aux enchères 50 licences de développement initiales aux fabricants de panneaux solaires desservant le marché des services publics, ainsi que 10 licences de transition aux producteurs d’énergie fossile, à des conditions concurrentielles. Au cours de la prochaine décennie, parallèlement à la commercialisation des licences de développement, l’entreprise prévoit de mener des activités d’optimisation continues.










