L'UE approuve 540 millions d'euros d'aide d'urgence aux agriculteurs touchés par la crise des engrais
2026-07-15 10:37
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fr.wedoany.com Rapport : Le Conseil de l'Union européenne a récemment approuvé un règlement d'urgence visant à fournir un soutien financier temporaire et des mesures de liquidité aux producteurs agricoles gravement touchés par la flambée des prix des engrais, afin d'atténuer les difficultés agricoles croissantes depuis que la crise au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d'Ormuz ont perturbé le commerce international de l'énergie et des matières premières.

Ce règlement a été adopté à une vitesse rare au sein de l'UE : la Commission européenne a soumis la proposition le 12 juin, le Parlement européen l'a approuvée le 7 juillet par 576 voix pour, 62 contre et 15 abstentions, et le Conseil de l'UE a donné son approbation finale, l'ensemble du processus s'étant achevé en un peu plus d'un mois. Le Portugal figure parmi les États membres susceptibles de bénéficier d'une redistribution de plus de 162,2 millions d'euros dans le cadre des paiements directs de l'année prochaine.

Selon les données de la Commission européenne elle-même, les prix des engrais azotés dans l'UE en avril étaient supérieurs de 71 % à la moyenne de 2024, et le coût des engrais pourrait représenter jusqu'à 16 % du coût total de la production agricole. Le nouveau règlement crée un nouvel instrument de soutien dans le cadre de la politique agricole commune, l'article 78-B, qui permet aux États membres d'accorder un soutien spécial et temporaire aux agriculteurs actifs touchés par la forte hausse des prix des engrais.

Ce soutien agricole couvre une partie des coûts supplémentaires des engrais depuis le 1er mars, dont le montant est calculé sur la base de la différence entre le prix de référence historique et le prix réel pendant la crise, avec une compensation maximale de 50 % de ces coûts supplémentaires. Pour les agriculteurs qui se sont engagés à réduire leur utilisation d'engrais, ce pourcentage peut être porté à 80 %. Le Conseil de l'UE a résumé ce train de mesures comme une série de mesures de soutien financier d'urgence et ciblées, comprenant un nouveau plan de liquidité et des dispositions permettant aux États membres d'effectuer des paiements directs anticipés afin d'aider les agriculteurs à gérer leurs besoins de trésorerie à court terme.

Le nouveau plan de liquidité peut être cofinancé jusqu'à 65 % par le Fonds européen agricole pour le développement rural, et les gouvernements nationaux sont également autorisés à ajouter des fonds propres jusqu'à 200 % de ce montant. Les États membres peuvent également utiliser des fonds non dépensés. Le règlement porte le pourcentage maximal des avances sur les paiements directs de cette année de 70 % à 75 % et permet le versement des montants concernés immédiatement après la demande de soutien de l'agriculteur, sans attendre la période habituelle du 16 octobre au 30 novembre.

Le texte législatif est accompagné d'un tableau détaillant les montants maximaux que chaque pays peut transférer entre les différents programmes de la PAC pour 2027. Pour le Portugal, la limite d'augmentation de l'allocation des paiements directs est de 162,2 millions d'euros, et il peut également choisir de réduire de près de 160 millions d'euros s'il préfère renforcer d'autres composantes. Le rapport entre ces deux valeurs est fixé à 0,99. En comparaison, le rapport pour le Danemark est de 11,36 et pour les Pays-Bas de 9,79. Le Portugal, avec la Slovénie et la Croatie, fait partie d'un petit groupe de pays dont le rapport est proche de 1, ce qui indique que la structure de financement de la PAC de ces pays entre les paiements directs et le développement rural était déjà plus équilibrée avant l'introduction de cette nouvelle flexibilité.

Cette flexibilité découle du nouvel article 103-A, qui prolonge la possibilité pour les États membres de transférer des fonds entre les paiements directs et le développement rural jusqu'au 31 août, alors qu'elle n'était auparavant autorisée que de 2023 à 2026. Cela signifie que le Portugal dispose d'une marge de manœuvre dans la gestion des fonds de la PAC pour 2027, le gouvernement pouvant choisir l'une ou l'autre direction. D'une part, il peut injecter des fonds provenant d'autres domaines tels que le développement rural dans les paiements directs, jusqu'à un maximum de 162,2 millions d'euros ; d'autre part, il peut prélever jusqu'à près de 160 millions d'euros sur les paiements directs pour les consacrer à d'autres mesures telles que les investissements agricoles ou les projets environnementaux. La décision finale doit être prise avant la fin août.

Afin d'accélérer la distribution des fonds, le règlement porte le pourcentage maximal des avances sur les paiements directs de cette année de 70 % à 75 %. Le gouvernement portugais a déjà approuvé en juin la mise en place d'un soutien agricole spécial, avec une enveloppe totale de 20 millions d'euros pour le deuxième trimestre, afin de faire face à la hausse des coûts. Cette mesure nationale accorde un soutien de 28 euros par hectare pour les zones irriguées et de 12 euros par hectare pour les zones non irriguées, ainsi que des subventions correspondantes pour les vaches allaitantes, les vaches laitières et les ovins ou caprins éligibles, avec un plafond cumulé de 50 000 euros par bénéficiaire.

Selon le nouvel instrument, les dépenses financées par le Fonds européen agricole pour le développement rural sont considérées comme éligibles à compter de la date d'entrée en vigueur du règlement. La date limite pour que les agriculteurs reçoivent effectivement ce soutien est le 30 juin de l'année prochaine. Chaque pays peut réserver au maximum 25 % de son montant annuel déjà alloué aux paiements pour les crises naturelles, afin d'éviter un transfert excessif de ressources. Le ministre irlandais de l'Agriculture, de l'Alimentation et de la Mer, Martin Heydon, a déclaré que les récentes perturbations des chaînes d'approvisionnement mondiales et la flambée des prix des engrais ont exercé une pression énorme sur le secteur agricole, et que cette décision montre la détermination de l'UE à agir rapidement et de manière décisive pour soutenir les agriculteurs européens et la sécurité alimentaire. Le texte législatif exige également que les États membres veillent à ce que les agriculteurs qui se sont engagés à réduire leur utilisation d'engrais aient accès aux connaissances et informations nécessaires pour optimiser l'utilisation durable des engrais.

Cette mesure fait partie d'un train de mesures plus large proposé par la Commission européenne le 12 juin, mobilisant un total de 540 millions d'euros via la réserve agricole du budget communautaire. En y ajoutant le cofinancement national supplémentaire possible des États membres, le financement total pourrait atteindre 1,5 milliard d'euros. Ce train de mesures comprend également des actions visant à renforcer la production européenne d'engrais, à améliorer la résilience de l'approvisionnement et à accélérer l'adoption d'engrais biosourcés, à faible teneur en carbone et circulaires. Le nouveau règlement entrera en vigueur le lendemain de sa publication au Journal officiel.

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