fr.wedoany.com Rapport : Le ministère espagnol de la Transition écologique (Ministerio para la Transición Ecológica) prévoit de soumettre un projet de décret royal visant à durcir les conditions de construction dans les zones à risque d’inondation le plus élevé. Ce projet fait suite aux réflexions menées après les inondations de Valence fin 2024, qui ont causé 230 décès. Le ministère a désormais ouvert une période de consultation publique, dans le but de limiter, voire d’interdire, les constructions dans les zones à haut risque.
Ce décret imposera aux municipalités des zones à haut risque d’approuver des plans d’urbanisme adaptés au risque d’inondation. Sa disposition centrale est que les propriétaires de terrains situés en zone inondable devront mentionner cette situation dans le registre foncier lors de toute transaction. Cette obligation couvre les déclarations de nouveaux travaux, les opérations de financement immobilier et les actions d’aménagement urbain impliquant un reclassement de terrains. Des sources du ministère de la Transition écologique reconnaissent que cette exigence « affectera » le prix du marché des parcelles ou des logements.
Selon les explications des sources ministérielles, après la phase de consultation et l’avis du Conseil d’État (Consejo de Estado), la réglementation devrait être définitivement approuvée par le Conseil des ministres au cours de la présente législature. L’exposé des motifs du projet indique que les pertes causées en Espagne par « une série de tempêtes en 2019, 2023, 2024, 2025 et 2026 » illustrent l’augmentation des épisodes de précipitations extrêmes. Le texte souligne que « le cycle hydrologique s’intensifie, devenant plus instable et extrême ».
L’Espagne dispose depuis 2015 d’une réglementation limitant les constructions et les activités dans les zones à haut risque. Cette révision vise à renforcer ces restrictions face à l’aggravation des impacts du changement climatique. Les sols inondables sont divisés en deux catégories : les « zones d’écoulement préférentiel », où la probabilité de montée des eaux est la plus élevée, avec un risque de 1 %, soit une inondation prévue tous les 100 ans ; et les autres zones inondables, à probabilité plus faible.
Les restrictions varient selon le type de sol (rural ou déjà urbanisé). Dans les zones d’écoulement préférentiel rurales, le projet maintient l’obligation de ne pas convertir ces sols en terrains constructibles, n’autorisant que les mesures de protection contre les inondations. Dans les zones d’écoulement préférentiel urbaines déjà construites, il ajoute des « interdictions explicites », notamment « l’interdiction de tout nouvel usage résidentiel » et « l’interdiction explicite de créer des parkings souterrains, des sous-sols et toute construction souterraine ».
Pour les autres zones à risque plus faible, les exigences pour les nouvelles constructions sont également renforcées. Par exemple, seuls les bâtiments résidentiels « surélevés d’un mètre au-dessus du niveau d’eau prévu pour une crue » sont autorisés sur les terrains constructibles, et « sans parkings souterrains, sous-sols ni aucune construction souterraine ». Le ministère explique que l’objectif est de créer une « marge de sécurité ». Dans les zones inondables rurales à faible risque, « les nouvelles constructions ainsi que les services de base ou les infrastructures, tels que les hôpitaux, les écoles ou les centres médicaux, les résidences pour personnes âgées ou handicapées, les centres sportifs intérieurs, les grands commerces, les campings, les zones d’hébergement de camping, etc., sont interdits ».
Le ministère de la Transition écologique souligne que la mémoire des catastrophes est fragile. Le projet répond à ce problème en donnant force de loi à la création du Catalogue national des inondations historiques (Catálogo Nacional de Inundaciones Históricas), obligeant les municipalités et les administrations concernées à enregistrer les événements majeurs. Le projet encourage également « le développement, en milieu urbain, de panneaux signalétiques spécifiques indiquant les années d’inondation et les niveaux d’eau atteints dans les zones clés », afin de mener une « éducation pratique à la perception des risques ».
Le décret impose aux municipalités d’intégrer dans leurs plans d’urbanisme les « cartes des risques et des dangers d’inondation ainsi que les restrictions d’usage qui en découlent », ces cartes étant régulièrement mises à jour en fonction des informations sur les crues et l’élévation du niveau de la mer. Le projet ajoute que ces outils devront être adaptés « dans un délai de cinq ans à compter de l’entrée en vigueur du présent décret royal ». De plus, les conseils municipaux devront approuver des « plans d’adaptation au risque d’inondation », comprenant l’identification des zones et bâtiments vulnérables, l’analyse de la population affectée, les mesures d’adaptation et les systèmes d’alerte locaux, accompagnés de décrets spécifiques sur la conduite à tenir en cas d’inondation.
Le projet reconnaît que, malgré la réglementation existante, l’Espagne connaît « une augmentation continue de l’occupation des sols constructibles dans les zones d’écoulement préférentiel les plus à risque ». « Les aménagements urbains déjà lancés et diverses exceptions ont conduit à une augmentation continue des espaces bâtis dans les zones à risque, accroissant l’exposition et la vulnérabilité de la population et des biens locaux », justifiant ainsi, selon le projet, le nouveau durcissement de la réglementation.










