fr.wedoany.com Rapport : Après la pression subie par les prix de l’arroba du bœuf gras au Brésil fin juillet, les principales agences de conseil du marché confirment une nouvelle fois que le second semestre 2026 reste la fenêtre de rebond des prix de l’arroba. Bien que les prévisions divergent quant à l’ampleur de la hausse, la combinaison d’une offre plus tendue, d’un essor des exportations et d’une amélioration progressive de la consommation intérieure est largement considérée comme devant stimuler une nouvelle vague de hausse dans les mois à venir.

La pression récente sur le marché au comptant découle de facteurs à court terme, dont le principal est le quasi-épuisement du quota d’importation de viande bovine brésilienne par la Chine en 2026. Le ralentissement du rythme d’achat de ce plus grand pays destinataire rend les abattoirs plus prudents dans les négociations. Parallèlement, la sécheresse a endommagé la qualité des pâturages dans plusieurs régions de production, obligeant certains ateliers d’engraissement à maintenir la rotation du bétail, ce qui pousse les éleveurs à vendre par anticipation, même face à des prix peu attractifs. Cette dynamique coïncide avec la tendance de nombreux producteurs à privilégier le contrôle de l’offre, accentuant ainsi la pression sur le marché au comptant.
Malgré ces évolutions, le marché à terme envoie un signal différent. Les contrats négociés sur B3 se maintiennent avec une prime par rapport au marché au comptant, ce qui montre que les investisseurs et les acteurs de la chaîne de production continuent de parier sur une appréciation de l’arroba pour le reste de l’année, renforçant l’idée que la pression actuelle est temporaire. Pour les producteurs capables de maîtriser le calendrier de sortie des animaux, les fondamentaux structurels restent favorables.
L’évaluation dominante des analystes est que le second semestre sera marqué par une réduction de l’offre de bovins en finition et une hausse de la demande, en particulier au quatrième trimestre. Le scénario le plus optimiste est proposé par Felipe Fabbri, coordinateur de l’équipe d’intelligence de marché chez Scot Consultoria. Selon son analyse, la combinaison d’une offre tendue, de la reprise des achats chinois dans le cadre des nouveaux quotas d’exportation pour 2027, de la forte demande américaine et du renforcement de la liquidité des revenus dans l’économie brésilienne pourrait permettre à l’arroba de dépasser son record annuel et de s’orienter vers 400 réais dans un scénario très favorable. Il estime que si le secteur parvient à maintenir des marges pour mieux rémunérer les producteurs sans nuire à la consommation, et que les exportations continuent de s’intensifier, ce niveau cessera d’être une simple hypothèse lointaine.
Un autre facteur positif réside dans le calendrier économique du second semestre. Historiquement, le quatrième trimestre concentre davantage d’emplois temporaires, le paiement du 13e salaire et la hausse de la consommation de protéines pendant les fêtes de fin d’année. En 2026 s’ajoute l’attente d’une croissance de la consommation internationale portée par la Coupe du monde en Amérique du Nord, ce qui pourrait stimuler la demande de viande bovine.
Fernando Iglesias, analyste chez Safras & Mercado, reconnaît des perspectives favorables pour l’arroba, mais considère le seuil de 400 réais comme une prévision assez optimiste. Il indique que ce niveau de prix dépend de facteurs supplémentaires, tels qu’une dépréciation plus marquée du réal face au dollar et un marché intérieur plus dynamique qu’actuellement. Il souligne également que tout changement dans la politique d’importation chinoise reste l’un des principaux risques pour le marché brésilien. Malgré tout, il maintient des attentes positives pour le second semestre, principalement fondées sur la réduction de l’offre de bovins prêts à l’abattage et le maintien des exportations à des niveaux élevés.
Agrifatto partage le même avis. Cette agence observe que le marché se trouve dans un jeu de force entre éleveurs et abattoirs : les producteurs résistent aux ventes massives et fractionnent leurs lots, tandis que le secteur tente d’exploiter une demande intérieure encore faible pour faire baisser les prix. Malgré un environnement de négociation à court terme plus difficile, la société souligne que les contrats à terme continuent de valoriser une appréciation de l’arroba, renforçant la confiance des acteurs du marché dans un rebond des prix au second semestre.
Bien que les avis divergent sur le plafond que l’arroba pourrait atteindre d’ici la fin de l’année, les principales agences de conseil convergent sur un point : la pression observée fin juillet est souvent temporaire. L’attente est que la réduction de l’offre de bovins en finition, la bonne performance des exportations et la croissance saisonnière de la consommation au quatrième trimestre soutiennent une nouvelle hausse sur le marché au comptant. Pour les éleveurs, il est recommandé de suivre de près l’évolution des contrats à terme et d’évaluer des stratégies de vente capables de capter le rebond potentiel des prix — que ce soit en conservant le bétail autant que possible ou en utilisant les instruments de couverture de B3. Si les scénarios prévus par les agences de conseil se confirment, le second semestre pourrait marquer le début d’une nouvelle appréciation de l’arroba du bœuf gras, bénéficiant aux producteurs capables de gérer leur offre à un moment où les fondamentaux sont jugés plus favorables qu’au cours des dernières semaines.










