Étude : une transition alimentaire mondiale pourrait réduire les émissions agricoles de 85 % d'ici 2050
2026-08-03 14:20
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fr.wedoany.com Rapport : Une équipe internationale de chercheurs, composée notamment de la London School of Hygiene & Tropical Medicine et de l'Université Cornell, a publié une étude dans la revue scientifique Nature, évaluant par modélisation les impacts économiques et environnementaux d'une transformation du système alimentaire mondial. Les résultats montrent que, d'ici 2050, les émissions de CO₂ liées aux changements d'affectation des terres pourraient être réduites de 85 %, tandis que les besoins en terres agricoles diminueraient également, mais les secteurs de l'élevage et des cultures seraient confrontés à une redistribution significative de leur valeur.

Cette étude, menée conjointement par ces deux universités et dix équipes spécialisées en modélisation, analyse un scénario de transformation du système alimentaire mondial similaire à celui proposé par la Commission EAT-Lancet. Les modèles estiment que, si ces recommandations étaient adoptées, l'utilisation des terres agricoles mondiales pourrait diminuer de 6 % par rapport aux tendances actuelles. Parallèlement, la valeur totale de la production animale pourrait chuter de 42 % par rapport à 2020, soit une réduction d'environ 536 milliards d'euros.

Le changement le plus marqué concerne le secteur de la production de ruminants, incluant les bovins, les ovins et les caprins. D'ici 2050, la valeur mondiale de ce secteur pourrait diminuer d'environ 70 %, avec des pertes estimées à 233 milliards d'euros ; le nombre mondial de ruminants pourrait baisser d'environ 400 millions de têtes par rapport à 2020.

La production d'aliments d'origine végétale suit quant à elle une tendance inverse. La valeur combinée de la production mondiale de légumes, fruits, noix et légumineuses pourrait augmenter de 57 %, soit un gain d'environ 757 milliards d'euros. Les légumineuses comprennent des cultures telles que les haricots, les pois, les lentilles et les pois chiches ; l'étude souligne que ces produits sont d'importantes sources de protéines et de fibres, et que leur production nécessite généralement moins de ressources que de nombreux aliments d'origine animale.

L'auteur principal de l'étude, Matt Gibson, a lancé ces travaux à l'Université Cornell avant de rejoindre la London School of Hygiene & Tropical Medicine. Il indique que la transformation du système alimentaire apporterait des bénéfices considérables pour la santé et l'environnement, tout en impliquant une profonde réorganisation de l'agriculture mondiale, touchant des millions d'agriculteurs et de producteurs alimentaires. Il souligne en outre que les gouvernements devront prendre des décisions difficiles entre la protection de la santé publique et celle de la planète, afin de faire face aux intérêts acquis du système alimentaire actuel, qui ne répond pas encore pleinement aux besoins des producteurs et des consommateurs.

Les résultats de l'étude montrent que cette transition n'est pas seulement un enjeu environnemental ou de santé publique, mais qu'elle aura également des répercussions économiques notables — certains secteurs agricoles se contracteront, tandis que d'autres continueront de se développer. À titre d'exemple, en Europe, la valeur totale de la production agricole pourrait diminuer de 35 %, soit une réduction estimée à 162 milliards d'euros ; la production végétale pourrait baisser de 8 %, soit environ 19 milliards d'euros, tandis que la production animale pourrait chuter de 66 %, avec des pertes d'environ 143 milliards d'euros.

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