Le ministre espagnol de l'Économie Cuerpo suspend le marché de capacité de 9 milliards d'euros, par crainte des coûts de l'électricité

2026-08-18 11:39
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fr.wedoany.com Rapport : Le premier vice-président du gouvernement espagnol et ministre de l'Économie, du Commerce et de l'Entreprise, Carlos Cuerpo, a suspendu le lancement du nouveau marché de capacité, invoquant l'évolution incertaine des prix du gaz, les incertitudes géopolitiques au Moyen-Orient, et craignant que ce mécanisme de subvention aux centrales à cycle combiné et au stockage n'entraîne des coûts supplémentaires sur les factures d'électricité des citoyens.

La ministre de la Transition écologique et du Défi démographique, Sara Aagesen, et le ministre de l'Économie, du Commerce et de l'Entreprise, Carlos Cuerpo.

La Commission européenne avait précédemment approuvé le nouveau mécanisme de capacité espagnol. Selon le calendrier initial, l'équipe de la ministre de la Transition écologique et du Défi démographique, Sara Aagesen, devait lancer la première enchère de capacité cet été, et finaliser la procédure administrative d'approbation du nouveau marché en juillet. Ce mécanisme est désormais reporté sans date précise, ce qui laisse perplexe un secteur qui comptait sur de nouveaux revenus grâce à la garantie de l'approvisionnement en électricité.

La volatilité des marchés de l'énergie a alerté les services du ministère de l'Économie, situé au Paseo de la Castellana. Dans un contexte où le prix du gaz s'établit à 60 euros/MWh, ce nouvel outil destiné à redynamiser les centrales à cycle combiné pourrait faire peser sur les consommateurs des coûts plus élevés que prévu. Selon des sources proches du journal El Periódico de la Energía, Cuerpo et son équipe ont transmis ces préoccupations au ministère de la Transition écologique, demandant à connaître l'impact du mécanisme de capacité sur les factures des consommateurs à différents niveaux de prix de l'électricité.

La centrale nucléaire d'Almaraz est une autre variable clé. Outre les arrêts déjà survenus en juin et juillet, le gouvernement a désormais décidé de maintenir en service la centrale nucléaire d'Almaraz, située en Estrémadure, jusqu'en 2030. Selon le journal El Economista, la poursuite du fonctionnement des deux réacteurs de cette centrale modifie considérablement les hypothèses utilisées jusqu'à présent pour les scénarios de capacité de production et de puissance garantie ; les analyses de couverture antérieures reposaient précisément sur ces scénarios pour justifier auprès de la Commission européenne la nécessité de ce nouveau mécanisme de soutien d'une valeur de 9 milliards d'euros.

Si Almaraz reste en service, la production des centrales à cycle combiné diminuera de 7 % au cours des trois à quatre prochaines années, avec un impact global sur ces centrales, qui sont les principales bénéficiaires du mécanisme de capacité. Selon ce journal, ce changement obligera au moins à réexaminer les paramètres utilisés pour déterminer la taille des futures enchères de capacité, et pourrait conduire à actualiser les analyses de suffisance (sécurité d'approvisionnement) utilisées à ce jour. Les analyses précédentes n'avaient pas envisagé le scénario d'un déclassement d'Almaraz dans un délai de deux ans.

La combinaison de ces facteurs retardera encore davantage ce mécanisme, en préparation depuis plusieurs années et destiné à obtenir l'approbation de Bruxelles. Ce mécanisme a déjà été approuvé par la Commission européenne fin mai de l'année dernière. Ni le secteur ni le ministère dirigé par Aagesen ne comprennent pourquoi Cuerpo suspend ce marché de capacité à ce stade, après tant d'efforts déployés.

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