Rapport mondial sur le gaz naturel : le volume des échanges devrait diminuer de 7 milliards de mètres cubes en 2026

2026-08-30 08:57
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fr.wedoany.com Rapport : Rystad Energy, l'Union internationale du gaz (International Gas Union) et le groupe gazier italien Snam ont publié conjointement le « Rapport mondial sur le gaz 2026 » (Global Gas Report 2026). En raison de la crise du détroit d'Ormuz et de ses conséquences, l'estimation de l'offre et de la demande de gaz naturel cette année s'avère nettement plus difficile.

Les auteurs du rapport avertissent que ces estimations dépendent toujours de l'évolution du conflit et des termes spécifiques de la résolution de crise après la signature d'un mémorandum d'accord (MOU) entre les États-Unis et l'Iran.

Le ton général du rapport est plutôt positif, prévoyant que la demande reviendra sur une trajectoire de croissance structurelle une fois dissipés les effets temporaires de la crise. Les auteurs mettent en avant les projets ayant atteint une décision finale d'investissement (FID) depuis le début de l'année 2026, totalisant une capacité de liquéfaction de 35 millions de tonnes (Mt) et une capacité de regazéification de 25 millions de tonnes (Mt), ce qui reflète, selon eux, la confiance persistante des développeurs dans la croissance de la demande à long terme.

Le marché mondial du gaz naturel renoue avec des perspectives de croissance

L'offre mondiale de gaz naturel connaîtra une légère baisse. En 2026, la production mondiale de gaz naturel devrait diminuer de 4 milliards de mètres cubes (bcm), soit une baisse de 0,1 % en glissement annuel. Les experts estiment que l'impact sur la production au Moyen-Orient sera en grande partie compensé par les hausses de production aux États-Unis et dans d'autres régions, une tendance déjà observée au premier semestre de cette année.

Sur le plan des échanges, le rapport prévoit que le volume mondial des échanges de gaz naturel se contractera de 7 milliards de mètres cubes pour s'établir à 1 083 milliards de mètres cubes, inversant la tendance de croissance de 2024 et 2025. Cette estimation est également liée aux perturbations d'approvisionnement causées par la crise du détroit d'Ormuz. Plus précisément, les flux de gazoduc devraient diminuer de 17 milliards de mètres cubes, sous l'effet de la substitution du gaz russe ; le volume des échanges de gaz naturel liquéfié (GNL) devrait quant à lui augmenter de 9 milliards de mètres cubes, compensant en partie la baisse des volumes de gazoduc.

La demande mondiale de gaz naturel en 2026 devrait légèrement reculer, le rapport prévoyant une baisse de 7 milliards de mètres cubes, soit une contraction de 0,2 % en glissement annuel. Ce repli n'est pas uniforme, mais résulte de la combinaison de plusieurs tendances régionales : le Moyen-Orient (-17 milliards de mètres cubes, -2,7 %), l'Europe (-4 milliards de mètres cubes, -0,8 %), la Russie (-2 milliards de mètres cubes, -0,5 %) et l'Asie (-2 milliards de mètres cubes, -0,2 %) enregistrent tous des baisses ; l'Amérique du Nord (+10 milliards de mètres cubes, +0,9 %) et l'Amérique du Sud (+8 milliards de mètres cubes, +4,7 %) connaissent une croissance, tandis que l'Afrique reste globalement stable (+0,3 milliard de mètres cubes, +0,2 %). La croissance nord-américaine est principalement tirée par le secteur électrique (+11 milliards de mètres cubes), les centrales à cycle combiné au gaz demeurant une source d'électricité essentielle pour répondre à la demande induite par l'expansion des centres de données.

Du point de vue de la structure de la croissance de la demande, l'évolution de la demande de gaz naturel aux États-Unis constitue une exception à l'échelle mondiale. Le rapport prévoit que le principal moteur de la croissance de la demande en 2026 sera le secteur des transports (+9 milliards de mètres cubes, soit +7,0 % en glissement annuel), porté par les ventes soutenues de camions lourds au GNL en Chine, où les ventes de camions lourds au GNL ont dépassé 51 000 unités au premier trimestre 2026. Vient ensuite le secteur électrique (+6 milliards de mètres cubes, soit +0,4 % en glissement annuel), sous l'influence de la croissance des énergies renouvelables (notamment en Europe) et des effets de substitution énergétique dans un contexte de prix élevés du gaz.

Les prévisions de la demande européenne de gaz naturel sont entachées d'une incertitude considérable. Le rapport prévoit une baisse de 0,8 % de la demande européenne de gaz naturel en glissement annuel, estimation fondée sur l'hypothèse d'une forte élasticité de la demande européenne aux prix élevés du gaz. À ce jour, le prix du gaz TTF en Europe a augmenté de 140 % depuis le début de l'année, tandis que le prix du Henry Hub aux États-Unis a reculé de 21 % sur la même période. Le rapport estime que, face à une concurrence accrue des acheteurs asiatiques pour l'approvisionnement flexible en GNL américain, l'Europe pourrait se trouver dans un environnement plus concurrentiel pour l'acquisition des cargaisons nécessaires au remplissage de ses stocks, ce qui compliquerait la réalisation des objectifs officiels de stockage de gaz pour l'hiver. Le rapport suppose que la sensibilité de la demande à des prix plus élevés pourrait s'accroître, tout en reconnaissant que l'impact réel dépendra de la dynamique des prix, des conditions météorologiques et de la disponibilité de sources d'approvisionnement alternatives.

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