Sous la pression des lobbies des producteurs d'hydrogène propre et d'ammoniac, la Commission européenne a décidé de maintenir le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (CBAM) pour les importations d'engrais, tout en atténuant la pression sur les coûts par une réduction de certains droits de douane sur les engrais. Wopke Hoekstra, responsable des affaires climatiques de l'UE, a confirmé cette mesure, soulignant que le CBAM vise à créer des conditions de concurrence équitables pour l'industrie européenne des engrais et à éviter la dépendance aux importations extérieures.
Le CBAM couvre plusieurs secteurs, notamment l'hydrogène, l'électricité, les engrais, l'aluminium, l'acier et le ciment, et impose un prix du carbone sur les marchandises importées dans l'UE, aligné sur le système interne d'échange de quotas d'émission. Depuis la mise en œuvre de ce mécanisme, plusieurs États membres ont appelé à exclure les engrais, craignant qu'ils n'alourdissent le fardeau des agriculteurs. Cependant, les groupes de pression de l'hydrogène et les entreprises d'ammoniac ont averti qu'une suspension du CBAM pourrait saper la confiance des investisseurs dans les projets de production propre d'hydrogène bleu et vert.
M. Hoekstra a déclaré : « Toute discussion sur une éventuelle suspension du CBAM ne ferait qu'apporter de l'incertitude au secteur des engrais, ce qui prolongerait notre dépendance aux importations en provenance de pays comme la Russie. Cela met en péril de nouvelles opportunités d'investissement et compromet la croissance et le développement futurs. » Bien que le CBAM continue d'être appliqué, il a reconnu qu'il exerçait une pression sur les prix, c'est pourquoi l'UE propose une réduction temporaire des droits de douane sur les engrais tels que l'ammoniac et l'urée.
« Nous avons proposé une réduction des droits de douane, suspendant temporairement les droits de la nation la plus favorisée restants sur l'ammoniac, l'urée et certains autres engrais. Ces mesures contribueront à compenser l'impact du CBAM », a-t-il ajouté. « C'est une situation gagnant-gagnant pour les agriculteurs et l'industrie européens. » Cette décision devrait apporter plus de certitude pour les décisions d'investissement. Auparavant, le géant des engrais Yara avait indiqué que l'incertitude affectait ses plans de participation au grand projet d'hydrogène bleu et d'ammoniac en Louisiane, aux États-Unis.









