Récemment, la Commission européenne a présenté une nouvelle proposition visant à suspendre, pendant un an via un système de quotas, les droits d'importation sur l'ammoniac, l'urée, le sulfate d'ammonium, le nitrate de calcium et d'ammonium ainsi que la majorité des engrais composés NPK. Les quotas seront basés sur les volumes d'importation au titre de la nation la plus favorisée en 2024, augmentés de 20 % des volumes importés de Russie et de Biélorussie en 2024. 
Cette mesure vise à compenser la pression financière induite par la pleine mise en œuvre du mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF) de l'UE à compter du 1er janvier 2025. Si la proposition est adoptée, les fournisseurs d'ammoniac de pays comme les États-Unis, l'Arabie saoudite, Oman, le Qatar, les Émirats arabes unis et la Libye bénéficieront significativement, leurs produits étant actuellement soumis à un droit de 5,5 %.
Cependant, les produits russes et biélorusses sont exclus de cette exonération tarifaire. Les importations d'ammoniac et d'urée en provenance de ces deux pays continueront de respectivement faire face à des droits de 5,5 % et 6,5 %. La Commission européenne indique que l'UE est structurellement un importateur net d'engrais azotés au niveau mondial, avec une dépendance élevée à l'égard d'un petit nombre de principaux partenaires commerciaux, dont la Russie.
Selon les données d'Eurostat, en 2024, l'UE a importé 2,08 millions de tonnes d'ammoniac de l'extérieur, dont environ 35 % provenaient des États-Unis et de la Russie. La Russie a fourni 528 000 tonnes, représentant plus de 25 % du total des importations. Les importations d'urée se sont élevées à 5,98 millions de tonnes, la Russie en ayant contribué 1,72 million de tonnes, soit environ 29 %.
Le projet ne précise pas la date exacte de la suspension tarifaire, mais fournit un aperçu de l'impact budgétaire d'une suspension d'un an à partir du 1er mai 2026.









