L'usine SolidSail pour mâts (SMAF) a été officiellement inaugurée récemment à Lanester, près de Lorient en France, en présence de représentants gouvernementaux et de personnalités de l'industrie. Cette usine, créée en collaboration par plusieurs entreprises et spécialisée dans la production de grandes structures en matériaux composites, a été lancée en janvier 2024 avec un investissement de plus de 18 millions d'euros, financé en partie par des programmes de soutien français et européens.
Installée dans un bâtiment unique de 4000 mètres carrés, l'usine produit depuis l'été 2025 des mâts en fibre de carbone SolidSail, qui sont des composants clés des systèmes de propulsion à voile pour les cargos à voile Neoliner et les paquebots Orient Express. Les voiles SolidSail peuvent atteindre une surface de 1500 mètres carrés, permettant de réduire la consommation de carburant et les émissions des navires.
Dans le cadre d'une stratégie industrielle régionale, ce projet devrait créer plus de 35 emplois d'ici fin 2026. L'usine est actuellement exploitée par environ 30 employés, principalement issus de l'industrie des composites. Nicolas Abiven, directeur des opérations de SMAF, déclare : « Nous recrutons nos opérateurs principalement en fonction de leurs compétences en matériaux composites et de leur capacité à collaborer avec des interfaces homme-machine. »
L'usine est organisée autour de quatre zones : placement robotisé, assemblage, usinage et peinture, et est équipée de trois ponts roulants d'une capacité de levage de 15 tonnes. L'automatisation est essentielle à la production, explique Nicolas Abiven : « Initialement, 95 % du placement était manuel. Aujourd'hui, 90 % est robotisé. » Le robot de placement a été développé en partenariat avec Fives, la cellule d'usinage a été conçue avec Creno, et le four de durcissement provient de Denios, tous ces partenaires technologiques étant des entreprises françaises.
Le processus de production commence par le placement robotisé des demi-coques du mât, utilisant des tissus de fibre de carbone préimprégnés, qui sont ensuite cuits, scannés pour créer un jumeau numérique et collés. Nicolas Abiven ajoute : « Près de 600 trous doivent être percés sur un mât. » L'usinage robotisé s'effectue sur de longs rails, garantissant précision et efficacité.
L'usine SolidSail pour mâts vise à produire un mât en matériaux composite d'environ 20 tonnes par mois, avec une capacité annuelle maximale de 15 mâts, marquant une transition vers la production à grande échelle de grandes structures composites. Nicolas Abiven souligne : « Notre objectif est de préserver les emplois en France, et pour cela nous avons besoin de mécanisation et d'automatisation. » L'usine prévoit également d'ouvrir ses installations à d'autres secteurs comme l'aéronautique, l'aérospatiale et l'énergie.









