L'ETH Zurich démontre une méthode de nombres aléatoires quantiques, posant les bases d'une aléatoire certifiable pour la sécurité cryptographique
2026-05-28 15:45
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fr.wedoany.com Rapport : Le 27 mai, l'École polytechnique fédérale de Zurich (ETH Zurich) a annoncé que des chercheurs avaient généré pour la première fois des nombres aléatoires parfaits et certifiables via une expérience quantique. Cette recherche, menée par les équipes de Renato Renner et Andreas Wallraff du département de physique, a été publiée dans Nature. L'équipe de recherche a utilisé une méthode d'amplification de l'aléatoire issue de la physique quantique pour transformer des entrées aléatoires imparfaites en nombres aléatoires parfaits et mathématiquement certifiés, offrant ainsi une nouvelle voie technologique fondamentale pour les communications chiffrées et la sécurité numérique.

Les nombres aléatoires constituent un fondement essentiel des systèmes modernes de sécurité de l'information. Les clés de chiffrement, les identités numériques, les blockchains, les systèmes de loterie, les simulations scientifiques et les protocoles de sécurité en dépendent tous. Si un générateur de nombres aléatoires présente un biais infime, un attaquant peut exploiter les régularités statistiques pour déduire des clés ou prédire des résultats. Même les générateurs modernes basés sur des effets quantiques peuvent être affectés par des défauts de l'appareil, des erreurs systématiques ou des biais, rendant difficile la preuve directe que le résultat atteint un état aléatoire idéal.

L'approche adoptée cette fois par l'ETH Zurich ne consiste pas simplement à « générer plus de nombres aléatoires », mais à procéder à une amplification de l'aléatoire. L'équipe a d'abord utilisé une source aléatoire imparfaite, puis, grâce à des qubits intriqués, un test de Bell sans échappatoire et un algorithme dédié, a amplifié et extrait une séquence aléatoire parfaite et certifiable. Le résumé de l'article dans Nature indique que cette expérience réalise une amplification de l'aléatoire indépendante du dispositif, sans nécessiter d'hypothèses sur le fonctionnement interne de l'appareil quantique, et démontre un avantage quantique en accomplissant une tâche impossible pour le traitement classique de l'information.

Le dispositif expérimental utilise deux qubits supraconducteurs, séparés sur deux puces distinctes reliées par une connexion cryogénique d'environ 30 mètres de long. Les chercheurs devaient effectuer les mesures dans un laps de temps extrêmement court, de sorte que les corrélations entre les deux systèmes quantiques ne puissent pas être expliquées par des signaux classiques ordinaires, satisfaisant ainsi les conditions requises pour un test de Bell. Une forte violation de l'inégalité de Bell, un taux de répétition élevé et des conditions expérimentales stables pour les circuits supraconducteurs ont constitué les fondements techniques clés de cette réalisation d'amplification de l'aléatoire.

La portée scientifique de ce résultat réside dans le fait que la qualité de l'aléatoire ne dépend plus entièrement de la confiance accordée au fabricant de l'appareil ou aux mécanismes internes du matériel. L'amplification de l'aléatoire indépendante du dispositif souligne que, tant que les résultats statistiques de l'expérience satisfont à des conditions strictes, il est possible de prouver que le résultat final possède une aléatoire idéale, même si l'appareil lui-même n'est pas parfait. Pour les applications cryptographiques, cette aléatoire certifiable est plus importante que des séquences qui « semblent aléatoires » ordinaires, car les systèmes de sécurité doivent résister aux analyses statistiques à long terme et aux biais matériels potentiels.

Cependant, cette recherche relève encore du progrès fondamental en expérimentation quantique et en technologie sous-jacente pour la cryptographie, et ne signifie pas directement que des dispositifs commerciaux de nombres aléatoires sont déjà déployés à grande échelle. Pour une intégration réelle dans les systèmes de communication, la finance, le cloud computing, l'identification numérique ou la blockchain, il reste à résoudre des problèmes d'ingénierie des dispositifs, de coût, de stabilité, de débit de génération de nombres aléatoires, de normes d'interface et de certification de sécurité. La valeur de cette démonstration est de prouver la viabilité de la voie et de montrer un avantage clair des technologies quantiques pour des tâches que les méthodes classiques ne peuvent accomplir.

D'un point de vue industriel, les nombres aléatoires parfaits influenceront les futures communications quantiques sécurisées, la génération de clés de chiffrement, l'informatique de confiance et les infrastructures numériques critiques. Avec la progression du calcul quantique, de la cryptographie post-quantique et des communications à haut niveau de sécurité, la qualité des nombres aléatoires deviendra une composante importante des capacités de sécurité fondamentales. L'expérience de l'ETH Zurich montre que les méthodes quantiques peuvent non seulement être utilisées pour le calcul et la communication, mais aussi pour construire une base de sécurité numérique plus fiable.

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